Le pape François : « on ne peut insulter la foi des autres » | La-Croix.com

Le pape François : « on ne peut insulter la foi des autres » | La-Croix.com
Le pape François : « on ne peut insulter la foi des autres »

Le pape François répondant aux journalistes dans le vol qui l'emmenait aux Philippines jeudi 15 janvier, a décrit « les limites » à la liberté d'expression et à la liberté religieuse, qui doivent pouvoir s'exercer sans pour autant « offenser ».

« On ne peut tourner la foi des autres en dérision », a-t-il déclaré, à propos des attentats à Paris.

Interrogé par des journalistes français, dans le vol le menant aux Philippines, sur la façon de concilier la liberté d'expression et la liberté religieuse, le pape François a expliqué les conditions d'exercice de ces deux « droits fondamentaux » et leurs « limites ». En référence aux attentats terroristes commis à Paris contre Charlie Hebdo, il a estimé que la liberté d'expression était « un droit, une obligation » mais « sans offenser », regrettant une mentalité qui considère les religions comme « une sous-culture ».

Combien de guerres de religion avons-nous eu ?

Dans une longue réponse en trois temps, le pape a d'abord rappelé que pratiquer sa religion ne devait pas conduire à violenter l'autre, à « offenser délibérément ». « Il ne faut pas faire la guerre au nom de Dieu. Combien de guerres de religion avons-nous eu ? », a-t-il déclaré, rappelant à son auditoire français « la nuit de la Saint-Barthélemy » : « Comment pouvons-nous comprendre cela ? » « Tuer au nom de Dieu est une aberration », a-t-il insisté. Le pape François avait déjà condamné les attentats de Paris, dédiant notamment sa messe matinale aux victimes au lendemain des événements.

Abordant ensuite la liberté d'expression, il a estimé sans détour que pouvoir « dire ce que l'on pense est une obligation » : « Si un député ou sénateur ne dit pas ce qu'il pense, ce qu'il considère comme la juste voie, il ne sert pas le bien commun ». « Nous avons l'obligation de parler ouvertement », a repris celui qui avait voulu au dernier Synode des évêques que la parole y soit libre.

Chaque religion a sa dignité

Pour autant, cette « obligation » d'expression doit s'exercer « sans offenser » : « Il y a des limites ». « Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s'attendre à recevoir un coup de poing ! », a-t-il donné deux fois en exemple. « On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision », a-t-il martelé : « Chaque religion, qui respecte la personne humaine, a sa dignité ».

Sans jamais citer Charlie Hebdo, le pape a observé, en référence à un discours de son prédécesseur Benoît XVI, l'existence d'une « mentalité post-positiviste, qui porte à croire que les religions sont une sorte de sous-culture, qu'elles sont tolérées mais sont peu de chose ». « Cela est un héritage des Lumières », a-t-il poursuivi : « Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision, font de la religion des autres un jouet. Ce sont des gens qui provoquent ».

 > Voir l'entretien Tzvetan Todorov « une liberté sans bornes ne saurait être légitime »  

Un message centré sur les pauvres

Au cours de cette même conférence de presse, le pape a traité d'autres sujets. Se préparant à atterrir aux Philippines, seconde étape de son voyage asiatique, il a indiqué que le message central en serait « les pauvres » : « Les pauvres qui veulent aller de l'avant, qui ont souffert et souffrent encore, les pauvres qui ont la foi, l'espérance ». Il a évoqué notamment les familles éclatées en raison de l'émigration pour travailler. Il a également cité le sort des enfants exploités comme esclaves, y compris sexuellement.

Alors qu'il doit, au cours de ce séjour, se rendre sur les lieux dévastés par le typhon Haiyan de novembre 2013, il a dénoncé la surexploitation des ressources naturelles, en particulier la « déforestation » et le recours intensif aux « monocultures », citant l'exemple du soja en Argentine.

Une encyclique publiée en juin ou juillet

Énumérant, à ce sujet, les étapes de la préparation de son encyclique sur l'écologie humaine, il a estimé que la rédaction en serait achevée « fin mars » mais que les traductions pousseraient à une publication pour « juin ou juillet ». Une date en amont de la conférence intergouvernementale sur le climat prévue à la fin de cette année à Paris, a-t-il rappelé, espérant qu'à cette occasion « les dirigeants seront courageux pour aller plus loin », après la déception du dernier sommet sur le sujet à Lima (Pérou), en décembre dernier.

Interrogé aussi sur sa propre sécurité et celle des foules l'approchant, le pape a reconnu que le sujet le préoccupait, ajoutant en souriant : « Mais j'ai une dose d'inconscience ». Il a souhaité qu'on « ne (lui) fasse pas mal » : « Je ne suis pas courageux face à la douleur ».



Envoyé de mon Ipad 

Le monde musulman dénonce une offense au Prophète | La-Croix.com

Le monde musulman dénonce une offense au Prophète | La-Croix.com


UNE PROVOCATION

Avec la même unanimité qu'ils avaient condamné les attentats, les pays musulmans ont condamné la Une de Charlie Hebdo publiée mercredi, représentant le prophète de l'Islam Mohammed, une larme à l'œil et tenant une pancarte « Je suis Charlie ».

En Égypte, l'un des plus grands pays musulmans du monde arabe, Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite, a demandé aux musulmans d'« ignorer » cette « frivolité haineuse ». « Nous dénonçons la violence et respectons la liberté d'opinion. Mais l'autre partie doit comprendre que nous aimons le prophète Mohammed », a expliqué Ibrahim Negm, le conseiller du Mufti de la république égyptienne.

 > À LIRE Mustapha Ourrad, correcteur à « Charlie Hebdo », avait la France au cœur 

L'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, a dénoncé « une provocation injustifiée pour les sentiments de 1,5 milliard de musulmans à travers le monde ». Le patriarche des coptes-orthodoxes d'Égypte Tawadros II a appelé à « refuser » les nouveaux dessins du journal satirique français : « L'insulte sur le plan personnel entre les hommes est refusée, et quand elle concerne les religions, ce n'est ni humain, ni moral, ni socialement (acceptable) et cela ne contribue absolument pas à la paix mondiale », a-t-il déclaré.

La Turquie bloque le Web

En Turquie, le premier ministre islamo-conservateur, Ahmet Davutoglu a jugé que « la publication de cette caricature est une grave provocation (…) la liberté de la presse ne signifie pas la liberté d'insulter ». Seul le journal turc d'opposition Cumhuriyet a publié « par solidarité » cette caricature et un encart en turc reprenant l'essentiel des articles et des dessins de Charlie Hebdo. Quelques heures plus tard, un tribunal turc ordonnait le blocage de toutes les pages Web affichant le dessin du prophète.

Respect et dialogue

L'Iran chiite a lui aussi condamné la couverture « insultante » du magazine. Son chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif a appelé au « respect » mutuel et au dialogue : « Nous pensons que le caractère sacré (des valeurs, NDLR) a besoin d'être respecté… Nous aurions un monde plus sûr, plus prudent si nous engagions un dialogue sérieux ensemble. Nous découvririons que ce qui nous rapproche est bien plus important que ce qui nous divise. » 

Le mouvement chiite libanais Hezbollah, qui avait condamné l'attentat contre Charlie Hebdo, a estimé que la caricature de Mohammed « heurte le sentiment » des musulmans et peut conduire à « plus d'extrémisme ». Vendredi dernier, son chef Hassan Nasrallah avait estimé que les djihadistes sunnites portaient davantage atteinte à l'islam que les œuvres se moquant de Mohammed.

Charlie Hebdo interdit au Sénégal

Au Pakistan qui condamne le blasphème, les parlementaires ont dénoncé à l'unanimité la publication de cette nouvelle caricature « blasphématoire ». En Algérie et au Maroc, où l'islam est religion d'État, Charlie Hebdo a été interdit.

Au Sénégal où la presse est libre, le ministre de l'Intérieur a aussi interdit la distribution et de la diffusion de Charlie  Hebdo. De même que l'édition de mercredi de Libération qui avait reproduit la couverture de Charlie Hebdo en Une. Dans cette« république laïque » où plus de 90 % de la population est musulmane, plusieurs chefs religieux avaient dénoncé les caricatures du prophète de Charlie hebdo. La participation du président sénégalais Macky Sall, à la manifestation française du 11 janvier, a été peu appréciée par l'opinion publique.



Envoyé de mon Ipad 

Une guerre s’est ouverte contre nos sociétés occidentales | Riposte-catholique

Une guerre s'est ouverte contre nos sociétés occidentales | Riposte-catholique

Une guerre s'est ouverte contre nos sociétés occidentales

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, rappelle que plus la laïcité à la française sera fermée, plus elle alimentera les sirènes de l'islamisme :

« Je souhaite que la mobilisation de dimanche ne soit pas un feu de paille. Il faut aller au-delà de l'émotion légitime face à l'horreur. Réussir une grande manifestation est une chose, inscrire ce mouvement dans la durée en est une autre.

Nous ne sommes pas face à des actes isolés commis par des individus enragés. Il y a une stratégie réfléchie qui a voulu s'en prendre à la liberté d'expression. Une guerre s'est ouverte contre nos sociétés occidentales accusées par les islamistes d'être décadentes et mécréantes. Je dois avouer que Charlie Hebdo n'était pas ma tasse de thé ! Je trouvais même dans certaines caricatures une vraie violence. Mais, dans notre pays, les choses se règlent devant les tribunaux en cas de litige. Pas en tuant les gens.

Pourquoi, en France, certains sont-ils séduits par les sirènes de l'islamisme ? Ces attentats n'ont pas été commis par des étrangers, mais par de jeunes Français. Nous devons nous interroger sur l'échec scolaire, le chômage, la famille déstructurée, la prison, etc. N'oublions pas pour autant la crise des valeurs. L'heure n'est malheureusement plus aux grands idéaux mobilisateurs, mais plutôt au consumérisme. Les points de repères font défaut, la transmission de la foi aussi et nos sociétés occidentales sont menacées par un grand vide spirituel. Vide que certains voudraient combler par une éducation à la laïcité… Or, je crois à la laïcité comme principe républicain, mais je ne pense pas qu'elle puisse donner des raisons de vivre ou d'espérer ! Et si nos jeunes ne peuvent étancher leur soif, ils risquent d'aller se désaltérer à des sources frelatées. Une attente spirituelle qui ne trouve pas de réponse risque toujours de s'exprimer de manière dévoyée. Les Français qui rejoignent Daech entrent dans une démarche sectaire. Vouloir chasser le religieux en France de l'espace public est la meilleure façon d'alimenter l'islamisme. Nous avons intérêt à donner toute leur place à des traditions spirituelles riches de sagesse et d'intelligence. C'est pour moi le meilleur garde-fou contre l'islamisme.

Je crois que la fraternité ne doit pas rester un slogan, une notion abstraite. Nous découvrons que la fraternité n'est pas quelque chose de si naturel. Elle ne va pas de soi ! On ne peut revendiquer la fraternité comme un slogan car elle est le fruit d'un véritable combat spirituel. Nous devons demander au Seigneur de surmonter la tentation de la violence. Nous devons prier pour recevoir la grâce de la vie fraternelle et de la paix. Il s'agit toujours d'un don de Dieu et d'un effort de l'homme. Prier pour la France, cela veut dire intercéder pour que les forces du bien – de la fraternité authentique – soient plus fortes que les forces du mal. »



Envoyé de mon Ipad 

Caricature et relgion

Rappel :Christ a assumé la caricature qu'on a faite de lui, pour en faire un paradoxal lieu de victoire. Les Chrétiens ont pris comme insigne de leur foi l'objet même de la dérision infligée au Christ : la croix.
Caricaturer Dieu

Les Musulmans sont outrés de caricatures qu'un journal a produites du prophète Mahomet. Les Chrétiens se sont mobilisés récemment pour faire interdire telle affiche publicitaire dont la composition rappelait le tableau de Vinci représentant la Cène. Il n'est pas question ici d'entrer dans la complexité du débat, mais de rappeler un fait fondamental pour les Chrétiens : le Christ a assumé la caricature qu'on a faite de lui, pour en faire un paradoxal lieu de victoire. 

Les Chrétiens ont pris comme insigne de leur foi l'objet même de la dérision infligée au Christ : la croix. La croix est moqueuse : elle annonce la peine infamante, la basse extraction du condamné; elle porte sarcastiquement le motif de la condamnation : "Jésus de Nazareth roi des Juifs". La croix signale un lieu où l'on peut venir se gausser impunément : "Sauve-toi toi-même", "Descends donc" chantonnent les imbéciles de tout poil à l'adresse du crucifié. La croix est une caricature : avec ses grands bras, sa trop longue jambe, elle parodie le corps; elle porte la carcasse écartelée d'un homme qui a dû auparavant —quelle ironie— la transporter lui-même. Elle représente toute la bouffonnerie meurtrière qui a conduit à la crucifixion : la couronne d'épines qui fait de Jésus un roi dérisoire, les insultes des soldats qui ont revêtu Jésus d'un manteau grotesque, les fausses révérences assorties de coups, la parodie de procès, les mensonges…

La pensée chrétienne dès les premiers siècles est allée dans le sens de plus de caricature encore pour subvertir la caricature. La croix qui ridiculise et qui fait honte, on l'appelle dans la tradition chrétienne le sceptre du roi, le trône du triomphateur, le siège de la justice, l'arbre de la vie, l'arbre de la connaissance, le drapeau de la victoire, le trophée glorieux, la seule espérance et bien d'autres noms encore. Le billet "roi des Juifs", écrit pour railler Jésus, est repris dans la liturgie comme l'aveu d'un credo irrépressible : c'est bien vrai, Jésus est le roi, fils de David, et sa croix est la souche de Jessé, père de David, laquelle devait porter un sauveur d'Israël. 

Caricature, ironie grinçante, humiliation, dérision : rien de tout cela n'est évité, mais tout est assumé et transfiguré de l'intérieur. Pour les Romains qui entendaient les premiers Chrétiens revendiquer la croix du Christ comme un insigne de victoire, c'était indécent. Ils se disaient que vraiment les propos des Chrétiens étaient blasphématoires : prétendre que la croix, objet de justice et d'humiliation légale, pouvait être chantée et magnifiée comme un objet de vénération, c'était pour eux impensable, insupportable. On atteignait là le renversement complet : finalement, c'étaient les Chrétiens qui passaient pour caricaturaux et impudents en assumant sans complexe comme une "cause de joie" ce qui est prévu pour déshonorer. Reprendre la caricature comme emblème de gloire : c'est une ironie profonde, un humour théologique qui fait reculer la mort.

La foi des Chrétiens se fonde sur cette certitude que rien n'entame finalement un être humain. La chair faible, piétinée, méprisée est le lieu d'où jaillit une vie plus forte que tout. Les Chrétiens n'ont pas peur de la caricature. Caricaturer le Christ ? Mais c'est déjà fait et cette caricature, je viens de le dire, a été assumée au point de devenir l'expression même de la foi : la croix, le corps supplicié, les mentions moqueuses de la royauté sont reprises, répétées, multipliées, elles sont même affirmées comme vraies, comme bienvenues, comme l'exact énoncé de ce qu'on voulait dire.

Je ne prétends pas répondre à tout ce qu'on peut dire sur les caricatures du Christ et de la religion chrétienne. Je veux affirmer ici qu'un Chrétien n'a pas à avoir peur des dessins burlesques et des paroles irrévérencieuses. Le Christ est plus fort et se rit des rieurs, bien plus il transfigure les outrances pour manifester l'excès de sa vie glorieuse. Cela ne veut certes pas dire que tout doive être accepté et applaudi sans discernement, mais cela développe un certain style, une façon d'être : on ne pousse pas les hauts cris à tous bouts de champs, on ne demande pas tout le temps à être protégés de ceux qui disent des vilaines choses.

Un jour, je me trouvais à la sortie d'une messe d'ordination. Une dame passe et me voyant, moi et d'autres frères en habit religieux, elle me demande ce qui arrive. Je lui dis que des religieux dominicains viennent d'être ordonnés prêtres. C'était une époque où l'on parlait beaucoup de prêtres pédophiles; cette femme me dit alors avec une ironie venimeuse : "Des prêtres ? Alors il devait y avoir beaucoup de petits enfants tout près d'eux". Je lui ai répondu du tac au tac : "Des enfants ? Je ne sais pas. Mais en votre absence, il y avait moins d'imbéciles". "Comment osez-vous?" m'a-t-elle dit. "C'est moi d'abord qui doit vous poser la question" lui répondis-je. 

Quand on suit le Christ, on apprend aussi à vivre avec la dérision, la caricature, le mépris. Et —c'est à mon sens un don de l'Esprit saint— il arrive que l'on puisse jouer avec les mots mêmes qui étaient censés tuer, les retourner et en faire une occasion de triomphe.
Philippe Lefebvre 02 09

Envoyé de mon Ipad 

Charlie Habdo : une "une raciste" selon le grand mufti d'Egypte qui "va soulever une vague de haine" | Atlantico.fr

Charlie Habdo : une "une raciste" selon le grand mufti d'Egypte qui "va soulever une vague de haine" | Atlantico.fr

http://www.atlantico.fr/pepites/charlie-habdo-raciste-selon-grand-mufti-egypte-qui-va-soulever-vague-haine-1952806.html
Charlie Habdo : une "une raciste" selon le grand mufti d'Egypte qui "va soulever une vague de haine"

Le grand mufti d'Egypte s'insurge. Pour lui, la une de Charlie Hebdo est une nouvelle provocation. Pire, Chaouki Allam estime qu'elle constitue un acte raciste. Selon lui, cette une va inciter à la haine et semer le trouble parmi les musulmans du monde entier.

"Ce numéro va soulever une nouvelle vague de haine dans la société française et la société occidentale en général, et ce que fait le magazine ne milite pas pour la coexistence ou le dialogue entre civilisations. Il s'agit d'une provocation injustifiée à l'encontre des sentiments des musulmans du monde entier" a indiqué le grand mufti qui a aussi dénoncé les attaques ayant visé plusieurs mosquées en France après les attentats.

Chaouki Allam avait qualifié l'attaque contre Charlie Hebdo de "terroriste". Le nouveau numéro de Charlie Hebdo sera tiré à trois millions d'exemplaires et vendu dans 25 pays. Par ailleurs, l'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, a "mis en garde" contre la publication d'un nouveau dessin représentant le prophète Mahomet. "Cette action est une provocation injustifiée pour les sentiments d'1,5 milliard de musulmans à travers le monde" a dit Ibrahim Negm, le conseiller du Mufti de la république qui dirige Dar al-Ifta.



Envoyé de mon Ipad 

"Charlie Hebdo" : des autorités musulmanes dénoncent une provocation - Le Point

"Charlie Hebdo" : des autorités musulmanes dénoncent une provocation - Le Point
"Charlie Hebdo" : des autorités musulmanes dénoncent une provocation
Le journal, qui ne se vendait qu'à 30 000 exemplaires, dont une poignée à l'étranger, a fait imprimer 3 millions de son numéro "des survivants" qui sera diffusé dans plus de 20 pays.

Plus de vingt pays, cinq langues, 3 millions d'exemplaires avec Mahomet en une : attendu dans le monde entier, le dernier Charlie Hebdo, signé par les rescapés de l'attentat, paraît mercredi sous l'oeil réprobateur de certaines autorités musulmanes qui y voient une "provocation". Le petit journal satirique français, dont l'équipe a été décimée par deux djihadistes dans l'un des pires attentats jamais perpétrés en France, persiste et signe avec une couverture représentant le prophète de l'islam, la larme à l'oeil, tenant une pancarte "Je suis Charlie".

Tout comme l'ont fait dimanche des millions de manifestants en France et dans le monde. Au-dessus, les mots "tout est pardonné". Devenu un symbole de la liberté d'expression, Charlie Hebdo est réclamé partout, jusqu'en Inde et en Australie : le journal, qui ne se vendait qu'à 30 000 exemplaires, dont une poignée à l'étranger, a fait imprimer 3 millions de son numéro "des survivants" qui sera diffusé dans plus de 20 pays - un record pour la presse française. Il sera traduit en cinq langues : en espagnol, arabe et anglais dans des versions numériques, en italien et en turc pour des versions papier.

Depuis quelques jours, les kiosquiers français ont reçu une avalanche de réservations et s'attendent à être dévalisés. Ils seront approvisionnés tous les jours jusqu'au 19 janvier et le journal devrait rester en vente plusieurs semaines. L'édition des "survivants" de Charlie Hebdo était bien présente dans les kiosques mercredi matin. Ainsi, au métro de Belleville, dans le 19e arrondissement de Paris, un kiosquier avait 150 exemplaires dès 6 heures. Mais il avait déjà été dévalisé à 6 h 30, même en ayant limité les achats à deux exemplaires par personne.

La une sur Mahomet, dévoilée dès mardi, a déjà été reproduite par de très nombreux médias et sites dans le monde, surtout en Europe, après la marche de dimanche qui a réuni à Paris une cinquantaine de dirigeants étrangers. Elle a en revanche été occultée par les grands médias des pays musulmans et dans certains pays d'Afrique ou d'Asie, car l'islam interdit de représenter le prophète. En Turquie, le quotidien d'opposition Cumhuriyet publiera, lui, en turc, une large partie du numéro. Le Mahomet de Charlie Hebdo était aussi absent des grands médias aux États-Unis, où la satire religieuse est taboue, et de la plupart des journaux britanniques. Washington a cependant tenu à affirmer mardi son "soutien absolu au droit de Charlie Hebdo" à publier cette une.

Le droit au blasphème

La nouvelle caricature de Mahomet a en revanche déclenché la colère de certaines instances musulmanes. Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite basée en Égypte, a estimé qu'elle allait "attiser la haine". L'instance représentant l'islam auprès des autorités égyptiennes, Dar al-Ifta, l'a qualifiée de "provocation". En Iran, le site d'information Tabnak (conservateur) estime que Charlie Hebdo "insulte de nouveau le Prophète". En France, les responsables de l'islam de France ont appelé au calme, à la veille de la parution. En février 2006, Charlie Hebdo, avait, comme plusieurs journaux européens, repris 12 caricatures de Mahomet publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten, qui avaient suscité des manifestations violentes dans le monde musulman. Depuis, le journal français, qui a continué de dessiner régulièrement Mahomet, était devenu une cible emblématique pour les intégristes.

"Notre Mahomet est vachement plus sympa que celui brandi par ceux qui ont tiré. C'est un bonhomme qui pleure avant toute chose", se défendent les survivants du journal. "L'état d'esprit Je suis Charlie", cela veut dire aussi le droit au blasphème", a résumé leur avocat, Richard Malka, réfutant avec virulence toute accusation d'islamophobie. "Si on peut faire vivre nos idées partout dans le monde, on aura vraiment gagné", a lancé Gérard Biard, le rédacteur en chef du journal, qui publie aussi un plaidoyer pour la laïcité. En riposte aux attentats, qui ont fait 17 morts, le Premier ministre Manuel Valls a dévoilé mardi, dans un discours applaudi par toute la classe politique, "des mesures exceptionnelles" pour mieux détecter de potentiels djihadistes. Le délit de "blasphème n'est pas dans notre droit" et "ne le sera jamais", a-t-il aussi déclaré.

La semaine est aussi ponctuée par les funérailles des 17 victimes et les hommages des autorités françaises. Mardi ont eu lieu les obsèques du policier Ahmed Merabet, au cimetière musulman de Bobigny (Seine-Saint-Denis), et à Jérusalem celles des quatre juifs tués vendredi dans la supérette casher. Tous ont été faits, à titre posthume, chevaliers de la Légion d'honneur. Près d'une semaine après les premiers meurtres, la traque d'éventuels complices continue. Un Français, arrêté en Bulgarie le 1er janvier pour avoir tenté de se rendre en Syrie, est ainsi soupçonné de liens avec l'un des tueurs de Charlie Hebdo.



Envoyé de mon Ipad 

Les caricatures de Mohammed divisent la presse américaine | La-Croix.com

Les caricatures de Mohammed divisent la presse américaine | La-Croix.com
Certains grands titres de la presse américaine, comme le New York Times, ont choisi de ne pas publier les caricatures pour ne pas offenser « délibérément ou inutilement les groupes religieux ».

Faut-il publier ou non les caricatures de Charlie Hebdo aux États-Unis ? Au lendemain de la tragédie, la presse américaine est très divisée sur la question. Si des sites Internet comme BuzzFeed et The Huffington Post ont tranché en faveur de la publication, les plus grands titres de la presse nationale, comme le New York Times et le Washington Post, de même que l'agence d'information Associated Press (AP), ont plaidé contre.

« Nous avons pris le parti de ne rien publier qui désacralise les symboles religieux ou qui provoque la colère pour des questions de religion ou d'origine ethnique », a souligné Santiago Lyon, vice-président d'AP et son directeur de la photo, rappelant qu'il s'agit là de la ligne politique habituelle de l'organisation et non d'une réponse spécifique à l'actualité récente.

Défendre le droit et la pratique

Le Washington Post évite toute publication d'information « qui serait ostensiblement, délibérément ou inutilement offensante pour les groupes religieux », à l'exception de ses pages « opinions », qui ont accueilli une des caricatures de Mohammed, au lendemain de l'attentat.

À l'inverse, le New York Magazine, situé à gauche, défend la liberté d'expression la plus large. « Le blasphème est un des exercices élémentaires des libertés individuelles. On ne peut pas défendre ce droit sans en défendre la pratique », écrit le journaliste Jonathan Chait.

> Voir notre dossier  : Charlie Hebdo

Robert Thompson, professeur en culture populaire à l'Université de Syracuse à New York, rappelle que « les États-Unis ont une longue tradition de dessins satiriques, qui remonte à l'époque coloniale ». Mais le pays qui a accueilli les puritains reste très attaché au respect inconditionnel de toutes formes de religion et de culte.

Trop politiquement corrects

Le premier amendement de la Constitution américaine met sur un pied d'égalité la liberté d'expression et la liberté de religion. Les lois contre le blasphème, édictées aux origines du pays, ne sont plus en vigueur.

Il n'empêche. La question suscite des débats importants. On se souvient notamment de la vive polémique déclenchée par le pasteur intégriste Terry Jones qui avait promis de brûler 200 corans pour protester contre les attentats du 11-Septembre. Il s'était ravisé, sous la pression de la Maison-Blanche.

Pour le professeur Daniel ­Reimold, de l'Université St. Joseph de Philadelphie, les événements du 11 septembre 2001 marquent d'ailleurs un tournant. Selon lui, « les médias traditionnels s'autocensurent désormais. Avant tout par volonté d'être politiquement corrects et ne pas fâcher le lectorat ».

Stéphanie Fontenoy (à New York)


Envoyé de mon Ipad 

Etudes - E-revue de culture contemporaine

Etudes - E-revue de culture contemporaine
Le père Samir Khalil sj n'est pas Charlie pour les raisons suivantes:

Père SAMIR, SJ|LE MARDI 13 JANVIER 2015 À 00 H 36
Bonsoir à tous, Je suis Egyptien, jésuite depuis bientôt 60 ans. J'ai enseigné assez souvent au Centre Sèvres de Paris, habituellement à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et depuis plus de 40 ans à l'Institut Pontifical Oriental de Rome. J'apprécie les Etudes, mais je suis surpris par ce que j'ai vu et lu ici. Je ne connais pas CHARLIE. 
Ce que j'en ai vu, m'a paru plutôt vulgaire et nullement humoristique et moins encore constructif (je suppose que c'est là le but de la critique). Il m'a semblé que le but de cette revue est de tourner en ridicule tel ou tel personnage, sans jamais toucher le point qu'on voudrait critiquer. Cela m'a semblé plutôt vil. Je défends la liberté de parole et d'écrit, et rien que ces trois jours-ci j'ai donné 8 interviews défendant le droit de CHARLIE de s'exprimer. Dommage cependant que la revue utilise si mal ce droit! C'est pourquoi, je regrette que les ETUDES, que j'estime, aient fait cette page, et voudrais dire: JE NE SUIS PAS CHARLIE, Dieu merci!

Comment ne pas s'indigner devant cet assassinat perpétré de sang froid ? L'attentat qui a tué 12 personnes à la rédaction de Charlie Hebdo nous remplit d'horreur. À travers un journal et ses options, c'est la liberté d'expression qui est visée par le terrorisme. Les réactions unanimes qui se sont manifestées, à droite comme à gauche, parmi les croyants comme parmi les incroyants, invitent à ne pas céder à la peur et à défendre une société plurielle.
Nous avons fait le choix de mettre en ligne quelques caricatures de Charlie Hebdo qui se rapportent au catholicisme. C'est un signe de force que de pouvoir rire de certains traits de l'institution à laquelle nous appartenons, car c'est une manière de dire que ce à quoi nous sommes attachés est au-delà des formes toujours transitoires et imparfaites. L'humour dans la foi est un bon antidote au fanatisme et à un esprit de sérieux ayant tendance à tout prendre au pied de la lettre.
Nous exprimons par là notre solidarité à l'égard de nos confrères assassinés, des autres victimes, de leur famille et de leurs amis.
La rédaction
quatre unes de Charlie Hebdo


Envoyé de mon Ipad 

Charlie Hebdo: par sympathie pour les victimes, faut-il honorer les caricatures antichrétiennes ? | Riposte-catholique

Charlie Hebdo: par sympathie pour les victimes, faut-il honorer les caricatures antichrétiennes ? | Riposte-catholique

imageL'attentat contre Charlie Hebdo aura suscité une saine réaction d'indignation. L'hommage national porté aux victimes est parfaitement légitime. Rien ne saurait justifier cet attentat et les diverses théologies d'occasion (je n'ose dire: de comptoir) qui le justifient constituent des faux-nez de la rancune et de la vengeance… Il faut même saluer la dignité de l'Eglise parisienne qui n'a pas hésité à sonner le glas pour de victimes peut-être éloignées du christianisme. Mais il semble que pour certains clercs il faille en faire plus. Parce que des caricaturistes sont morts dans une mort atroce, il faut forcément trouver des qualités aux caricatures du journal. Je parle bien de celles qui visaient le Christ et la foi catholique. Curieusement, les seules caricatures qui font rire nos clercs ne sont pas celles qui visent l'Islam…

Il y avait évidemment le site de la revue Études, qui titre: « Nous sommes Charlie » (passe encore), mais le contenu interroge quand même:

Nous avons fait le choix de mettre en ligne quelques caricatures de Charlie Hebdo qui se rapportent au catholicisme. C'est un signe de force que de pouvoir rire de certains traits de l'institution à laquelle nous appartenons, car c'est une manière de dire que ce à quoi nous sommes attachés est au-delà des formes toujours transitoires et imparfaites. L'humour dans la foi est un bon antidote au fanatisme et à un esprit de sérieux ayant tendance à tout prendre au pied de la lettre.

Outre une justification douteuse, Études rajoute un couplet qui, sans précision, pourrait conduire au relativisme: « au-delà des formes toujours transitoires et imparfaites ». Ce n'est pas parce que certains éléments sont transitoires (la hiérarchie ecclésiale, les sacrements) qu'il faille automatiquement se projeter dans une Église désincarnée, inconsistante, sans fond et sans forme, épousant les dernières causes à la mode, comme beaucoup de clercs se sont plu à le faire avec les résultats que l'on connaît: effondrement de la pratique religieuse, diminution des vocations, affaissement des moeurs…  Une autre question nous vient à l'esprit: la Crucifixion, dont on peut rire, comme on le voit sur la photo, cela fait donc partie des « formes transitoires et imparfaites » ? Cela ne mérite-t-il pas une réflexion plus sérieuse ? Que les représentations chrétiennes aient pu évoluer est une chose, mais la Crucifixion est professée dès l'origine du christianisme (Saint-Paul a bien écrit que le Christ que nous prêchons est un « Messie crucifié ») et toute caricature touchera forcément le fond… Et le pape représenté en tenue légère ? S'agit-il vraiment de rire de l'institution ? Il semble que cette facilité relève plus de la vulgarité que de l'humour… Cette vulgarité n'a pas coûté grand chose à Charlie et n'a pas mis en cause son existence (physique ou financière), à la différence des caricatures de Mahomet et de l'Islam, pour lesquelles Charlie a payé le prix de sa liberté. Mais, étrangement, Études ne publie pas les caricatures à l'origine de l'attentat. Peut-être parce que le site de la revue Études est lu dans les pays arabes ? Comme pour le PSG, il ne faut donc pas blesser (omission dans les versions arabe et indonésienne du site du PSG de la référence « Je suis Charlie »)… Simple hypothèse de notre part.

De même, on apprend qu'un un prêtre du diocèse de Lyon a « ri… devant certaines caricatures du catholicisme »:

le P. Luc Forestier, qui, bien que n'étant « pas lecteur habituel de Charlie Hebdo », reconnaît « bien volontiers avoir souvent ri devant les dessins concernant certaines réalités politiques de notre pays, mais aussi devant certaines caricatures du catholicisme ».

Drôle de leçon pour cette semaine qui ébranla la France ! Honnêtement, on pouvait davantage réfléchir… En gros, ce qu'il faut retenir de ces derniers jours, c'est le droit de rire du Christ et de son Église de la part des catholiques… Il s'en faut de peu pour que cela devienne un devoir… Les terroristes – il faut les appeler ainsi – n'étaient pas des lecteurs de Fideliter, de Riposte catholique ou même de Famille chrétienne. Il est vrai que les lecteurs de ces publications ne font de mal à personne – pas même à une mouche – et ne sont guère influents dans le brouhaha médiatique. Ira-t-on maintenant jusqu'à trouver des « semences de vérité » dans les caricatures du Christ ?



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Richard Malka : "L'esprit de Charlie, c'est le droit au blasphème" - Le Point

Richard Malka : "L'esprit de Charlie, c'est le droit au blasphème" - Le Point
L'avocat de l'hebdomadaire, Richard Malka, lors de la manifestation du 11 janvier.

Le prochain numéro de Charlie Hebdo mercredi comportera "évidemment" des dessins sur Mahomet et des moqueries sur les politiques et les religions, a dit lundi sur France Info l'avocat de l'hebdomadaire, Richard Malka. "On ne cédera rien", "l'état d'esprit Je suis Charlie" cela veut dire aussi le "droit au blasphème", a-t-il déclaré.

Le travail sur le numéro en préparation, qui sera imprimé à un million d'exemplaires, est "compliqué, car il faut gérer l'avenir, les enterrements qui ont lieu toute cette semaine, mais ça avance, ce sera bouclé ce soir", a affirmé Me Malka. "La une sera définie ce soir (lundi), et mercredi les auditeurs pourront trouver leur Charlie dans les kiosques en France et dans le monde. La diffusion sera exceptionnelle et c'est un geste de vie, de survie", a-t-il ajouté. "Je suis Charlie, c'est un état d'esprit, cela veut dire aussi le droit au blasphème", a-t-il poursuivi au lendemain de la marche républicaine qui a rassemblé près de quatre millions de personnes en France contre le terrorisme.

"Il y aura tout le monde"

Interrogé sur l'éventualité de la présence de dessins de Mahomet dans le prochain numéro, il a répondu : "Évidemment. On ne cédera rien, sinon tout ça n'aura pas eu de sens." "Une pancarte Je suis Charlie veut dire vous avez le droit de critiquer ma religion, parce que ce n'est pas grave. On n'a jamais le droit de critiquer un juif parce qu'il est juif, un musulman parce qu'il est musulman, un chrétien parce qu'il est chrétien. Mais vous pouvez dire tout ce que vous voulez, et les pires horreurs, et on les dit, sur le christianisme, le judaïsme et l'islam, car au-delà de l'unité des beaux slogans, c'est ça, la réalité de Charlie Hebdo", a-t-il déclaré. "L'humour sans autodérision, ce n'est pas de l'humour. Nous nous moquons de nous, des politiques, des religions, c'est un état d'esprit à avoir", a-t-il ajouté.

"Il y a aura tout le monde, même ceux qui ne sont plus là", a dit encore Richard Malka en évoquant le contenu du prochain numéro du journal satirique. "Après, c'est une nouvelle histoire. Mon combat est de faire en sorte que cela se poursuive, pas un autre, peut-être un nouveau chapitre, mais pas celui-là. Je mettrai toute mon âme et mon énergie à faire en sorte qu'il y ait un avenir à Charlie", a-t-il affirmé.




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Raï : Au nom de la liberté d’expression, on cherche à affaiblir l’Église maronite - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour

Raï : Au nom de la liberté d'expression, on cherche à affaiblir l'Église maronite - Fady NOUN - L'Orient-Le Jour
10/1/2015-
Raï : Au nom de la liberté d'expression, on cherche à affaiblir l'Église maronite - Fady NOUN

Tout en s'engageant au maintien d'une transparence totale de la vie des institutions de l'Église maronite, et en se déclarant totalement favorable à ce que ses diverses institutions et commissions aient des comptes à rendre, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a défendu cette Église contre « certaines campagnes médiatiques contre les institutions de l'Église et la religion chrétienne ». « Des attaques infondées lancées dans l'intention expresse de nuire », a-t-il précisé.

Brandissant le code canon des Églises orientales, ainsi que les divers chartes, statuts et règlements gouvernant les institutions de l'Église maronite (tribunaux religieux, biens wakf, fondations à vocation économique et sociale, etc.), le patriarche a affirmé que si chacune d'entre elles répond de ses actions devant une instance d'Église et au patriarche, « personne d'autre n'a le droit de s'ériger en censeur de leur action » ou de se prononcer sur leur activité « sans s'être référé d'abord à l'instance légitime habilitée à le faire ». « Nous avons des règlements pour toutes nos institutions. Il n'y a pas un one-man-show à Bkerké. Je rends compte moi-même de mon action au synode des évêques », a précisé le chef de l'Église maronite.

Le patriarche a tenu ces propos lors d'une rencontre avec la presse hier, accusant certains programmes de télévision, des journalistes de la presse écrite et des blogs de « s'ériger en juges » des institutions de l'Église et « d'attenter à la dignité humaine, de semer le soupçon, de braver des interdits » en usant « du mensonge, de la diffamation et de la calomnie, dans l'intention explicite de nuire à l'Église et de la discréditer, soit pour des raisons personnelles suspectes comme celle de cacher leurs propres erreurs, soit par appât du gain, soit pour des raisons politiques, le tout se faisant au nom de la liberté d'expression ».

Le patriarche a dénoncé la vénalité de certains programmes dont les animateurs attaquent des institutions d'Église « pour attirer les annonceurs publicitaires et se construire une image sociale et politique au détriment des valeurs spirituelles, morales et culturelles ». Il a été jusqu'à comparer ces programmes aux jeux de cirque des trois premiers siècles de l'histoire du christianisme, quand les chrétiens étaient mis à mort pour amuser la foule sous l'Empire romain.
« Aujourd'hui, a-t-il dit, c'est le peuple de Dieu, le corps mystique du Christ, la dignité humaine, la sainteté de l'Église, le prestige de l'autorité spirituelle et la valeur des institutions d'Église qui le sont. »
« Il ne manque plus que le billet d'entrée », a-t-il réagi, sortant de son texte.

(Pour mémoire : Raï citant François : Face à la mondialisation de l'indifférence, la mondialisation de la solidarité)

Attaques concertées
Répondant aux questions des journalistes présents, le patriarche a répété qu'il tient pour certain que « ces attaques sont concertées et monnayées, qu'elles ont pour but d'affaiblir l'Église maronite et le christianisme, et qu'elles se poursuivront ».

Au sujet de deux dossiers soulevés par les médias ces derniers temps, les précisions suivantes ont été apportées.
Sur la résidence en construction de Walid Ghayad, un avocat responsable à l'information du patriarcat, dont un journaliste avait fait un article à sensation, l'économe de Bkerké, Mgr Joseph Bouéri, a précisé ce qui suit : au même titre que plus de 1 420 autres cas de location de biens-fonds wakf, dont environ 600 ont été utilisés pour être construits, M. Ghayad a loué un terrain situé sur le cadastre de Ghosta, et il y construit à ses propres frais une résidence pour sa famille ainsi que pour ses parents, déplacés du Chouf en 1983. Pour un homme engagé si totalement au service du patriarche, il n'y a là rien de plus normal, et des dispositions similaires ont déjà été prises pour des diacres engagés au service des prédécesseurs du patriarche Raï, a-t-il affirmé en substance.
C'est par malveillance que ce dossier a été soulevé, souligne-t-on dans les milieux de Bkerké, et le parfum de scandale qu'on a cherché à lui donner a fait un immense tort à la famille de M. Ghayad, au point que sa propre santé et celle de ses parents s'en sont ressenties.

Sur un programme télévisé à sensation qui a soulevé le dossier des tribunaux religieux maronites, c'est le patriarche lui-même qui a insisté sur la nécessité de distinguer entre les frais de tribunal, qui sont tarifés, et les frais d'avocat qui sont libres. Il a précisé que l'avocat peut prétendre que le juge doit être « incité » à juger pour soutirer plus d'argent à son client. Le chef de l'Église maronite a rappelé toutefois qu'il existe un fonds d'assistance judiciaire pour les demandeurs sans ressources et que près de 800 000 dollars d'aides ont été accordées en 2014 à ce titre. Et le patriarche Raï de demander avec insistance que tout cas douteux lui soit rapporté afin que les juges malhonnêtes soient radiés. Le patriarche a reconnu toutefois que les tribunaux sont engorgés (environ 450 dossiers par an), ce qui peut provoquer du retard.

(Pour mémoire : Raï aux tribunaux maronites : Ne laissez pas traîner les procès)


La présidence
En réponse aux journalistes qui ont soulevé le dossier de la présidentielle, le patriarche a précisé que « Bkerké n'a pas de candidats et n'oppose de veto à aucun candidat ». Et d'ajouter qu'il n'est pas hostile à un amendement de la Constitution, « en cas de grande nécessité », pour permettre l'élection d'une personnalité qui ne serait pas éligible autrement.
Le patriarche s'est par ailleurs défendu de « mettre à pied d'égalité » les députés qui assistent aux séances de vote et ceux qui s'en abstiennent, affirmant que s'il en donne l'impression, c'est parce qu'aucune initiative sérieuse n'est lancée pour dépasser ce blocage. Et de se demander pourquoi les députés du 14 Mars ne décrètent pas un sit-in à l'intérieur de l'hémicycle pour forcer la décision.
Le patriarche a par ailleurs rappelé qu'il dispose d'un sondage d'opinion sur les préférences présidentielles des Libanais.

(Lire aussi : La rencontre Aoun-Geagea, un grand événement, en dépit des apparences)


Réagissant à une réflexion prêtée au président syrien selon laquelle un président libanais ne peut être élu sans l'accord de la Syrie, le patriarche a répondu en situant un tel avis, « qu'il soit ou non du président syrien, dans le contexte de la rivalité qui se manifeste entre l'Arabie saoudite et l'Iran, et entre sunnites et chiites ». « Qu'on le veuille ou non, le Liban est prisonnier de cette équation », a-t-il ajouté.
« Nous sommes toujours en contact avec les ténors maronites loin de toute publicité, mais l'échéance présidentielle concerne tous les Libanais, pas seulement les chrétiens, a dit en substance le patriarche. Nous engageons les ambassadeurs accrédités au Liban à agir pour que l'échéance présidentielle soit dissociée de son contexte régional. »

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Raï dénonce les "lions du Colisée" qui existent au sein des médias - L'Orient-Le Jour

Raï dénonce les "lions du Colisée" qui existent au sein des médias - L'Orient-Le Jour
9/12015-Raï dénonce les "lions du Colisée" qui existent au sein des médias

Liban

Le patriarche maronite Béchara Raï a dénoncé vendredi les attaques menées par certains médias contre les chrétiens et l'Église.

Lors d'une conférence de presse en présence des journalistes accrédités auprès de Bkerké, Mgr Raï a dénoncé les "lions du Colisée" au sein des médias. "Au Colisée de Rome (sous l'empire romain), les lions dévoraient les martyrs chrétiens, tandis qu'au Colisée de certains programmes télévisés ou autres sites internet aujourd'hui, les âmes et la dignité des personnes et de l'Église sont dévorées", a-t-il estimé.

"Le patriarcat est une institution en bonne et due forme, a-t-il ajouté. Je vous prie donc de ne pas nous donner d'instructions, ou de vous comporter en tant que tuteurs du patriarche", a poursuivi Mgr Raï, en allusion à ses critiques. Il avait récemment dénoncé une campagne contre Bkerké.

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«Nous sommes tous Charlie», vraiment?

«Nous sommes tous Charlie», vraiment?
Crédits photo: capture d'écran Twitter

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Chaque semaine, Alain Destexhe analyse, pour FigaroVox, l'actualité vue de Belgique. Suite à l'attentat de Charlie Hebdo, il dénonce le risque de «tyrannie du silence» qu'engendrerait la mise au tabou de toute critique de l'islam radical.


Alain Destexhe est sénateur belge. Ex Secrétaire Général de Médecins Sans Frontières et ex Président de l'International Crisis Group, il est, entre autres, l'auteur de «Le Mouvement flamand expliqué aux francophones» et «Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac». Lire également ses chroniques sur son blog.


Je me méfie de ces grands élans de compassion lors des grandes tragédies. Aptes à canaliser la tristesse et l'émotion générale, ils risquent aussi de masquer l'essentiel. Ce n'est pas à «la liberté d'expression», que se sont attaqués les assassins mais à la liberté de blasphémer l'islam et de critiquer et caricaturer le prophète.

Si «nous sommes Charlie», tous les journaux de France et d'Europe devraient s'empresser de reproduire les dessins qui ont condamné à mort les journalistes de Charlie Hebdo. Le feront-ils? Probablement pas.

Si «nous sommes en guerre», il faudrait peut-être songer à dire contre qui et non se contenter, comme le Président de la République, de termes vagues censés nous faire comprendre qui est l'adversaire («l'obscurantisme», «le fondamentalisme»…) sans offenser «la grande religion de paix et de bénédiction» (David Cameron) au nom de laquelle un attentat terroriste est commis tous les jours dans le monde.

Bien sûr, l'immense majorité des musulmans sont horrifiés, mais on ne peut réduire l'islam radical à une poignée d'égarés, d'illuminés ou de «déséquilibrés». C'est un phénomène de société qui touche un nombre croissant de jeunes. On se demande d'ailleurs si les actes de «déséquilibrés» avant Noël ont bien permis au gouvernement français de saisir la nature et l'ampleur de la menace.

Les ennuis de Charlie hebdo avec les islamistes radicaux remontent à la reproduction dans l'hebdomadaire des caricatures du journal danois. A l'époque certains qui «sont Charlie» ont jugé cette attitude «provocante» et «inutile».

Dans un livre récent The Tyranny of Silence, Femming Rose, l'éditeur danois du Jyllands-Posten, revient sur les caricatures de Mohamed qu'il a publié en 2005 et montre le peu de soutien qu'il a reçu dans les sociétés dites libres. Qu'au lieu d'affirmer haut et fort que ces caricatures restaient dans le champ de la liberté d'expression, des sociétés privées et les gouvernements européens ont cherché à se démarquer du Danemark, bien seul en première ligne. Le Haut représentant de l'Union européenne de l'époque, Javier Solana, cherchant à tout prix à apaiser l'ire des gouvernements musulmans et de l'Organisation de la Conférence islamique. En sera-t-il autrement après l'attentat de Paris? J'en doute.

N'en déplaise au Président de la République, passé le stade de l'émotion, on va évidemment voir refleurir les divisions dans l'analyse ainsi que sur les mesures à prendre. On va voir -on voit déjà- ceux qui appelleront à «ne pas provoquer» (avec des phrases ou des dessins) car «ce serait mettre de l'huile sur le feu». On voit déjà ceux qui «condamneront le terrorisme» mais dans le même communiqué appelleront à «lutter contre l'islamophobie», un concept qui s'est, hélas, imposé dans les médias, mais qui n'est autre que la liberté de critiquer l'islam en tant que religion (l'islam n'est pas une personne). On voit déjà «dénoncé le risque d'amalgame», une ritournelle chaque fois qu'un incident grave est provoqué par l'islam radical. Certains sujets seraient donc tabous? N'est-il pas temps, au contraire, d'engager un débat sur les sujets qui divisent et par exemple celui-ci: le refus de l'apostasie est-il compatible avec les valeurs de nos sociétés? N'est-il pas temps de reparler d'intégration voire d'assimilation autrement qu'en se balançant des insultes?

On voit déjà, surtout, comment l'autocensure, qui est -déjà- la règle dans les rédactions, risque de triompher encore un peu plus. Nous aurons peur et c'est bien le but recherché. Les terroristes seront en prison mais le souvenir de la terreur qu'ils peuvent imposer restera et en ce sens ils auront gagné. Pourtant, si nous acceptons l'idée qu'une religion, et une seule, a le droit de ne pas être caricaturée ou offensée, nous aboutirons à cette «tyrannie du silence». Ce sont les soi-disant offensés qui décideront in fine de ce qui se publie ou pas.

Certains qui «sont Charlie» voudraient limiter la parole et l'audience d'Eric Zemmour, un autre «provocateur», lui aussi menacé, qui «ne mérite pas d'être lu» selon le Premier Ministre Valls. Défendre Zemmour, c'est aussi honorer la mémoire des journalistes de Charlie Hebdo.

Zemmour prophétise des guerres civiles en Europe: des propos inacceptables pour d'aucuns. Ironie du sort, cette semaine, le jour de sa visite à Bruxelles, un commissariat de police était attaqué au cocktail Molotov par une cinquantaine de «jeunes», selon la terminologie consacrée. En Allemagne, à Dresde, PEGIDA mobilise 18 000 personnes contre l'islamisation de l'Europe; en Suède quatre mosquées sont visées par des incendies… Ce n'est pas encore la guerre civile mais cela commence à ressembler à des sociétés profondément divisées, en désaccord sur des valeurs fondamentales. Les mêmes qui «sont Charlie» refusent souvent de débattre de ces sujets autrement qu'en disqualifiant ceux qui les abordent en les traitant de racistes ou de fascistes.

Charb, le directeur de Charlie Hebdo disait: «Je préfère mourir debout que vivre à genoux». Reste à voir comment nos sociétés vont honorer sa mémoire. Mais je crains que Plus ça change*

*«The more it changes, the more it's the same thing», un épigramme de Alphonse Karr en 1849.



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Charlie Hebdo : Le crime est inacceptable, le blasphème aussi, assurent des dignitaires sunnites libanais - Jeanine JALKH - L'Orient-Le Jour

Charlie Hebdo : Le crime est inacceptable, le blasphème aussi, assurent des dignitaires sunnites libanais - Jeanine JALKH - L'Orient-Le Jour
Charlie Hebdo : Le crime est inacceptable, le blasphème aussi, assurent des dignitaires sunnites libanais

Le sang qui a coulé hier à Paris des suites de la fusillade dans les locaux de Charlie Hebdo a été accueilli hier à Aïn el-Héloué par des tirs de joie.
La jubilation exprimée à l'intérieur du camp de réfugiés palestiniens n'est toutefois pas surprenante du fait de la présence des groupuscules islamistes radicaux qui sévissent sur les lieux. Elle n'est toutefois pas représentative de la rue sunnite libanaise qui a largement condamné cet acte de barbarie, exprimant néanmoins des réserves sur la sacro-sainte liberté de presse.


D'ailleurs, on n'a pas encore oublié à Beyrouth les débordements violents du 5 février 2006 suite à la publication, par Charlie Hebdo notamment, des fameuses caricatures de Mohammad. Lors d'une manifestation, des protestataires sunnites en grand nombre avaient attaqué ce jour-ci des commerces et des propriétés dans le quartier chrétien d'Achrafieh, mettant le feu à l'immeuble abritant le consulat danois. À la tête de ce mouvement, cheikh Raed Hlayhel, un salafiste de Tripoli, interrogé hier par L'Orient-Le Jour.
« Ma position reste inchangée depuis l'incident des caricatures de Mohammad en 2006 », dit-il. « Mais, plutôt que de vous répondre, je vais moi-même vous poser une question : Pourquoi avez-vous attendu jusqu'à aujourd'hui pour recueillir mon avis ? Pourquoi ne m'avoir pas contacté lorsque les caricatures injurieuses ont été publiées ? », s'interroge le dignitaire sunnite qui déplore le fait que les médias se bousculent pour solliciter des réactions lorsque leurs confrères sont tués à Paris et non lorsque le mal, qui a provoqué le crime, a été fait. Pour lui, il s'agit de bien saisir les raisons qui ont conduit à ce drame.
« Lorsque les États rejettent l'islam modéré, ils doivent endurer des phénomènes tels que Daech (l'État islamique) », affirme pour sa part un autre prédicateur salafiste de Tripoli, qui a requis l'anonymat. Ce dernier s'étonne notamment qu'on n'ait pas mis un terme au zèle des caricaturistes attaquant des symboles religieux, d'autant qu'il y a un précédent avec Charlie Hebdo, dit-il.

(Lire aussi : Les journalistes libanais contre la culture de la violence)


Reprochant à l'Occident de pousser vers l'extrême une frange de l'islam qu'il aurait pu gagner à ses côtés, le cheikh sunnite craint, au lendemain d'incidents de ce type, une radicalisation subsidiaire des musulmans modérés.
« Ils ne respectent pas le sacré et ne ménagent pas les sensibilités des uns et des autres, au nom de la liberté de la presse. Eh bien les autres sont venus leur dire : moi aussi je suis libre et j'agis en conséquence », explique le cheikh salafiste.
Ce dernier lance une mise en garde à l'Occident, l'invitant « à gagner l'islam modéré avant que ce dernier ne perde définitivement sa bataille contre l'extrémisme ».


« Nous condamnons la tuerie et, avec autant de véhémence, le fait de tourner les religions en dérision », assure de son côté le prédicateur d'une mosquée à Minié, cheikh Saleh Hamad.
La réaction « émotive » et incontrôlée des agresseurs « est condamnable dans les termes les plus virulents. Elle s'inspire de la loi de la jungle », dit-il. Pour lui, l'État islamique, « premier suspect derrière cet attentat », ne mérite certainement pas cette appellation. « Mieux vaut dire qu'il s'agit d'un État de la jahiliya », dit-il.
« Mais, en même temps, la liberté de presse doit être pratiquée avec certaines limites. Les sujets sacrés sont une ligne rouge », poursuit cheikh Hamad, qui rappelle que cette prise de position est similaire à celle qui avait été exprimée par un grand nombre de sunnites lorsque les talibans avaient détruit les bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan, en mars 2001.


Le dignitaire sunnite tient toutefois à préciser que son appel en faveur du respect des religions vaut également pour toutes les croyances et religions monothéistes, « pour le christianisme aussi bien que pour le judaïsme ».
Respect des sensibilités religieuses, mais aussi du pays d'accueil, de ses valeurs et culture, préconise cheikh Hamad. « Il faut admettre que nous ne pouvons imposer notre islam sur des sociétés non musulmanes. Après tout, nous sommes chez eux », dit-il.

(Lire aussi : Liban : Ils ont condamné l'attentat contre Charlie Hebdo)

« Une main de fer »
Juge chérié et professeur d'université, cheikh Mohammad Nokkari condamne l'acte criminel avec virulence : « Il n'y a aucun justificatif possible – ni religieux ni moral – à ce crime. »
« Cet attentat odieux ne relève même pas de la charia (la loi musulmane), au nom de laquelle ils (les criminels) prétendent agir », dit-il.
La seule réponse à cela et toute autre forme d'extrémisme « est de frapper d'une main forte », assure cheikh Nokkari qui estime que « les agresseurs ont porté tort non seulement aux Français, mais à tous les musulmans ».
La demande du respect des questions sacrées et des croyances devrait s'exprimer, d'après lui, dans le cadre des règles et des lois en vigueur et non par le biais de la violence.


Dans ce contexte, le groupe « lésé » aurait mieux fait de recourir une fois de plus à la justice, ou de se constituer en mouvement de pression, pour tenter notamment de modifier la loi en vigueur, préconise le juge Nokkari. Et de rappeler qu'un projet a été présenté à l'Onu en ce sens, réclamant le respect des religions et du sacré.
Est-il inquiet pour l'avenir de l'islam en Europe et des relations entre les deux religions ?
« Bien sûr, répond le dignitaire sunnite. La radicalisation de la droite en Allemagne et la montée du Front national en France font craindre sérieusement une exacerbation du ressentiment envers les Arabes, et les musulmans en particulier. » D'où la nécessité ,
selon lui, de réunir l'Organisation de la conférence islamique pour évaluer la situation et prendre les mesures requises.
« On répond au mot par le mot et non par un acte barbare », dit pour sa part le député du Nord Khaled Daher, rejoignant l'avis de cheikh Nokkari et soutenant l'idée d'un recours devant la justice, lorsque les croyances religieuses sont perçues comme étant ciblées.
Tout en reconnaissant la liberté de presse « propre aux sociétés européennes, à la France en particulier », le député exprime toutefois le souhait de voir l'Occident « ménager » le sentiment religieux.
« Gare aux réactions de part et d'autre », prévient M. Daher. « Tous les musulmans ne doivent pas être sanctionnés pour les agissements de quelques-uns », dit-il, rappelant aux musulmans d'Europe que leurs pays d'accueil respectifs leur ont offert le confort, le bien-être et tous les services vitaux dont leur pays d'origine les a privés. « Y compris la liberté de la presse. »

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