Dans le Nord, des détenus affichent leur quotidien sur Facebook

Dans le Nord, des détenus affichent leur quotidien sur Facebook
La prison de Sequedin (Nord-Pas-de-Calais), où des détenus ont pu se prendre en photo et le publier.

Pour la troisième fois de l'année, des détenus ont réussi à publier sur internet des séries de photos les mettant en scène en prison. Cette nouvelle affaire posent des questions de sécurité liées à l'utilisation de télephones portables en milieux carcéral.

En janvier, la Provence révélait une page Facebook où les détenus de la prison des Baumettes, à Marseille, posaient en toute illégalité avec drogue et billets de banque. Quelques jours plus tard, Nice Matin mettait au jour un compte similaire alimenté par des détenus de la maison d'arrêt de Nice. Le scénario semble se répéter aujourd'hui, comme l'indique La Voix du Nord. Le quotidien régional publie ce mercredi des photographies montrant des prisonniers dans des établissements pénitentiaires du Nord, notamment Sequedin, Arras, ou Douai, s'exhibant avec ce qui ressemble à des stupéfiants, ou encore dans un jacuzzi en plastique bricolé.

Interrogé par La Voix du Nord, Stéphane Lecerf, délégué UFAP à la prison de Sequedin, explique que les portables qui servent à prendre ces clichés sont souvent jetés depuis l'autoroute A25 par des personnes qui «se garent sur la bande d'arrêt d'urgence». «Ça dure quelques minutes. On arrive à en saisir quelques-uns mais tout va très vite», déplore-t-il. La question de l'utilisation des téléphones portables en prison est donc de nouveau posée, alors que 27.524 appareils ont été saisis dans les établissements français en 2014.

L'aspect sécuritaire exclu des débats, selon FO

Si la problématique n'est pas nouvelle, l'utilisation de smartphones, qui permettent d'accéder à internet et aux réseaux sociaux, posent des problèmes de sécurité. David Daems, secrétaire national FO Pénitentiaire, ne cache pas son inquiétude. «Pour l'instant, on reste dans la provocation. Mais il faut savoir que les détenus, notamment radicalisés peuvent se rendre sur des sites terroristes, et communiquer en toute liberté», explique-t-il au Figaro.

«Effectivement c'est interdit, effectivement, c'est agaçant. C'est une question majeure», reconnaît de son côté une source du ministère de la Justice auprès du Figaro. Avant de rappeler la règle en vigueur: si elles ne sont plus systématiques, «les fouilles aléatoires existent toujours». Tout comme les fouilles de locaux et de cellules. «Elles sont décidées en fonction des profils de détenus», affirme-on au ministère. Selon cette même source, lutter contre ce trafic est toutefois difficile, compte tenu «de l'ingéniosité des détenus et de leurs proches, qui trouvent toujours une parade».

L'installation de brouilleurs, un «effet Charlie»

David Daems déplore pour sa part le fait que les fouilles au corps des détenus ne soient plus systématiques, et «qu'aucune mesure compensatoire n'ai été prise en compte, ce qui augmenterait le trafic». «Le volet sécuritaire dans l'administration pénitentiaire est exclu des débats. Cette situation s'est aggravée avec le gouvernement actuel», fulmine le secrétaire FO.

Mais depuis les attentats du mois de janvier à Paris, la donne semble avoir évolué. Il y a quelques jours, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, annonçait un plan d'installation de brouilleurs de téléphones portables dans les prisons destiné à empêcher toute communication et radicalisation en ligne. Ces équipements, actuellement en période de test, doivent être installés sur tout le territoire, et représenter une solution radicale contre les portables. Leur efficacité doit reposer sur leur puissance, capable de mettre hors service le réseau 4G. Et éviter ainsi la publication de clichés compromettants sur internet.



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الحريات الاعلامية وحدودها - الصحافة

 الصحافة

الحرية الإعلامية وحدودها بقلم المحامية شذى الطفيلي

إن الحرية الاعلامية وحرية الصحافة تشكلان ركناً من أركان حرية التعبير وركناً أساسياً لإقامة الدولة الديموقراطية، وقد تكرست هذه الحرية في جميع المواثيق الدولية واعلانات حقوق الانسان.
أما في لبنان فقد كرست هذه الحرية في مقدمة الدستور اللبناني حيث ورد صراحة في الفقرة "ج" من مقدمة الدستور اللبناني أن "لبنان جمهورية ديموقراطية برلمانية تقوم على احترام الحريات العامة، وفي طليعتها حرية الرأي والمعتقد…".
وهذه الحرية مكرسة دولياً وقانونياً ودستورياً. وخصوصاً في جميع الدول الديموقراطية حيث يعتمد مبدأ الرقابة الذاتية أو ما يسمى بالفرنسية Auto censure بعكس الدول الديكتاتورية، حيث أن الصحافة تخضع مسبقاً لرقابة السلطة العام censure préalable وتبعيتها فحرية الصحافة والاعلام هي إذاً الصلب والركن للدولة الديموقراطية، إلا أن ذلك لا يعني أن ممارسة هذه الحرية يجب أن تكون مطلقة من دون أي قيد. بل أن هذه الممارسة يجب أن تتم ضمن اطار ضوابط وتحت سقف القوانين المرعية الاجراء، وهذا ما أكدته القوانين اللبنانية صراحة.

المادة الاولى من قانون المطبوعات نصت على أن "المطبعة والصحافة والمكتبة ودار النشر والتوزيع حرة، ولا تقيد هذه الحرية إلاّ في نطاق القوانين العامة وأحكام هذا القانون".
وكذلك الأمر قيدت المادة 3 من قانون البث التلفزيوني والاذاعي حرية الصحافة بموجب احترام احكام الدستور والقوانين النافذة، فممارسة حرية الصحافة والاعلام كأي ممارسة لأي حق أو حرية يجب أن تقف عند حدود حريات وحقوق الآخرين.
الصحافة الصحيحة والموضوعية يجب أن تكون مرآة فعلية للمجتمع وأن تعكس ما يحصل فيه من أخبار حسنة وسيئة لكن ضمن ضوابط قانونية (هذا بالنسبة الى وجهة النظر اللبنانية). وعلى الرغم من أن هنالك توجهاً عالمياً اليوم وخصوصاً في الدول الاوروبية لاعتماد مبدأ الحرية المطلقة للصحافة وحتى أن هنالك نزعة في منظمة الامم المتحدة لإصدار قوانين لحماية حرية الصحافة والصحافيين، وذلك بسبب تزايد تصاعد العنف ضد الصحافيين مما دفع بالجمعية العامة للأمم المتحدة الى اتخاذ اول قرار في شهر تشرين الثاني عام 2013 يتعلق بسلامة الصحافيين، وتم تخصيص يوم عالمي لمكافحة الافلات من العقاب على الجرائم الواقعة ضد الصحافيين يحتفل به كل سنة في 2 تشرين الثاني.
واذا كان هدف الصحافة هو مكافحة الفساد من خلال التطرق اليه وإظهاره للعلن الا ان هذا لا يعني أنه يمكن التعرض لكرامة الآخرين وشرفهم وحقوقهم، وخصوصاً الاعتداء على الحياة الخاصة la vie privé للاشخاص التي تشكل حقاً من حقوق الانسان المكرّسة دولياً، وفي الاعلان العالمي لحقوق الانسان. ومن هنا يأتي دور القضاء في التدخل سواء مسبقاً عبر قضاء الأمور المستعجلة واختصاصه العام لدرء الأضرار والأخطار الداهمة التي يمكن توقع حدوثها أو من خلال التدخل اللاحق للقضاء للتعويض عن الضرر الحاصل بسبب الصحافة ولإعادة التوازن بين الحقوق، وذلك عبر محكمة المطبوعات وهو الأكثر شيوعاً.
من هنا جاءت القاعدة المعروفة المنصوص عليها في الاعلان العالمي لحقوق الانسان المادة 4: "الحرية تكمن في القدرة على عمل كل شيء لا يضر بالآخر". لذلك إنّ ممارسة حرية الاعلام والصحافة مقيدة بالتزامات ومسؤوليات محددة في القوانين وهي:
– احترام حقوق الآخرين وكراماتهم وسمعتهم.
– احترام الامن القومي والسلام الأهلي والنظام العام والصحة العامة والأخلاق العامة.
يمنع بالتالي على الاعلام والصحافة نشر كل ما يدعو الى:
1 – الحرب، 2 – الكره الوطني والقومي، 3 – العنصرية والطائفية، 4 – كل أنواع التمييز الإتني والعرقي والمذهبي الخ… 5 – وخصوصاً كل ما يدعو الى استخدام العنف والعدائية (هذا يدخل ضمن حماية النظام العام الدولي حيث يعتبر، كل ما يشكل مظهر عنف مخالفاً للنظام العام ويمنع نشره.
من هنا نجد التداخل بين مبدأين أساسيين وهما الحرية الاعلامية وحماية حقوق الآخرين وكراماتهم وخصوصاً الحياة الخاصة وتقاطع بين السلطة الثالثة وهي السلطة القضائية والسلطة التي توصف اليوم بالسلطة الرابعة وهي الصحافة والاعلام.

النهار





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Cardinal André Vingt-Trois : « La laïcité ne s’apprend pas comme les sciences naturelles » | La-Croix.com - Actualité

Cardinal André Vingt-Trois : « La laïcité ne s'apprend pas comme les sciences naturelles » | La-Croix.com - Actualité
Cardinal André Vingt-Trois : « La laïcité ne s'apprend pas comme les sciences naturelles »

Deux mois après les attentats du 7 janvier dans la capitale et à l'approche des élections locales, l'archevêque de Paris lance un appel à l'unité du pays.

Il met notamment en garde contre un usage dévoyé de la laïcité au détriment des religions.

 Les attentats du 6 janvier ont été suivis d'une vaste mobilisation dans le pays. Que reste-t-il de cet esprit, deux mois après ? 

 Cardinal André Vingt-Trois : D'abord, l'effet traumatique. Quand le président de la République a engagé les forces françaises contre Daech en Irak, tout le monde était plus ou moins d'accord ; cela paraissait bien loin. Or les attentats commis le 6 janvier, c'est Daech au coin de la rue ! Cette fois, nous sommes tous concernés. De même pour l'antisémitisme : quand on commence à persécuter les juifs parce qu'ils sont juifs, cela annonce que tous les hommes peuvent être victimes de persécutions.

De cet épisode, il reste cependant le sentiment réconfortant que, dans une situation de grande crise, les gens qui ne bougent généralement pas de chez eux sortent dans la rue au nom de valeurs jugées suffisamment essentielles pour qu'on ne les abandonne pas au seul jeu politique.

 Quelles sont ces valeurs du 11 janvier ? 

 Card. A.V.-T. : La liberté d'expression et l'opposition à toute agression délibérément antisémite. Ce sont là deux éléments constitutifs de l'identité française et républicaine. La caricature, comme manière à la fois comique et grave de pointer des enjeux de société, est une pratique ancienne qui est inscrite dans notre culture. Cela dit, on ne peut fonder une culture exclusivement sur la caricature. Le risque serait d'entrer dans une spirale de la dérision et de l'agression permanente dont on voit bien les dégâts qu'elle produit dans la vie publique. Ce n'est pas la caricature qui engendre la communion entre les Français.

 La cohésion, précisément, semble aujourd'hui fracturée : les juifs ont peur, les musulmans se sentent stigmatisés… 

 Card. A.V.-T. : Cette impression vient de ce qu'on a trop facilement braqué les projecteurs sur les religions et pas suffisamment sur les racines réelles de la barbarie, qui n'ont rien de religieux. En France, au Danemark, en Syrie ou en Afrique subsaharienne, nous sommes avant tout confrontés au délire politique de groupes qui veulent s'accaparer la société au service d'une vision totalitaire : exécutions, terrorisme, destruction d'œuvres d'art… À vouloir expliquer la barbarie uniquement par les excès d'une religion, on alimente le vieux fantasme selon lequel la société serait plus paisible si personne ne croyait en rien.

 Les religions risquent-elles d'en faire les frais ? 

 Card. A.V.-T. : Empêcher les gens de s'exprimer pour que la paix règne dans les frontières, ce n'est pas la conception de la laïcité que la République a voulu instaurer. Ce n'est pas non plus comme cela que nous vivrons mieux ensemble dans le respect de nos différences.

 La laïcité vous semble-t-elle menacée ? 

 Card. A.V.-T. : L'idée que l'on puisse transformer les mœurs en imposant un enseignement scolaire sur la laïcité est une dangereuse utopie. La laïcité ne s'enseigne pas comme le français ou les sciences naturelles. Elle n'est pas une théorie philosophique, mais une pratique de la vie commune construite sur le respect mutuel. Elle s'expérimente à l'école, mais aussi en famille et dans la vie sociale. Si les cours consacrés aux religions sont une bonne chose, ils ne remplaceront jamais la capacité des éducateurs à prendre en compte la réalité qu'ils ont en face d'eux : des jeunes avec des convictions qui méritent d'être entendues, éventuellement discutées, mais ne peuvent sûrement pas être occultées par un système pédagogique. Personne ne fera renoncer les gens à ce qu'ils croient sous prétexte que la République est laïque.

 Comment retrouver un sentiment de concorde ? 

 Card. A.V.-T. : Contrairement aux logiques médiatiques, faire évoluer les mentalités nécessite beaucoup de temps et d'investissement humain. Voter une loi ou dépenser des sous ne suffit pas. Il faut aider les gens à sortir de leurs intérêts particuliers et promouvoir toutes les actions de solidarité et de générosité. Rien ne remplacera une implication de chaque jour auprès des jeunes dans les quartiers, les établissements scolaires, afin de leur faire prendre conscience qu'ils ne peuvent vivre sans les autres. Être juif, musulman ou chrétien ne peut être une condition ou un empêchement pour entrer en relation les uns avec les autres. En accueillant chacun dans le respect de ses convictions, l'enseignement catholique est un lieu où s'expérimente depuis longtemps ce vivre-ensemble.

 Les religions ont-elles un rôle particulier à jouer dans ce domaine ? 

 Card. A.V.-T. : Évidemment ! Et pas seulement pour servir de porte-drapeau à l'apaisement des conflits en posant sur la photo, à l'invitation des pouvoirs publics. Les religions travaillent sur les réalités de la société et contribuent au bien commun comme elles le peuvent avec leur identité, leur originalité, leur message. C'est très bien de vouloir rassembler les religions, mais à condition de faire droit à ce qu'elles représentent réellement. Nous ne sommes pas les auxiliaires religieux de la République.

 Que dites-vous aux juifs tentés par l'exil ? 

 Card. A.V.-T. : La même chose que les patriarches orientaux aux communautés chrétiennes persécutées : si vous partez, votre contribution bénéfique à la société française disparaîtra. On entre alors dans un processus de purification ethnique sur le critère de la religion. S'il ne nous appartient pas de juger les décisions individuelles, nous devons encourager les juifs à rester parmi nous.

 Et aux musulmans inquiets de la montée de l'islamophobie ? 

 Card. A.V.-T. : Le rejet dont beaucoup de musulmans sont victimes n'est pas exclusivement religieux. Lorsqu'on en est réduit à dissimuler son nom ou son adresse sur un CV, il s'agit d'abord de discrimination sociale. L'islamophobie, comme la christianophobie ou l'homophobie, est un terme fourre-tout qui nourrit le sentiment de victimisation dans toute la société. La question demeure : comment vivre ensemble avec nos différences ? Les comportements militants ou agressifs, dirigés contre une catégorie de la population, relèvent avant tout de la justice.

 Est-ce à l'État de faire émerger un islam de France ? 

 Card. A.V.-T. : On ne fabrique pas une religion par la voie administrative. Les responsables politiques ont souvent à l'esprit le modèle catholique fondé sur une hiérarchie centralisée. Or, ce n'est pas le cas de l'islam. Je comprends néanmoins la volonté d'avoir des interlocuteurs en construisant des instances représentatives. Si le rôle de l'État est d'assurer la sécurité et la liberté de culte, l'islam de France reste l'affaire des musulmans de France.

 Quant aux catholiques, beaucoup défendent la liberté d'expression tout en souffrant de la dérision dont ils font l'objet… 

 Card. A.V.-T. : Cette question ne concerne pas seulement les chrétiens mais relève d'abord du droit : peut-on impunément tenir des propos orduriers sur les gens et sur leur croyance sans recours judiciaire possible ? Par ailleurs, la dérision accompagne d'une certaine façon le christianisme depuis ses débuts. « Heureux si l'on vous persécute en mon nom… » Un Évangile qui ne suscite plus aucune résistance n'augure pas grand-chose de bon. Aujourd'hui notre situation en France n'a rien de comparable avec ce que vivent nos frères au Moyen-Orient, en Afrique ou dans d'autres parties du monde par fidélité à leur foi. Les victimes ne sont pas seulement des ressortissants égyptiens, irakiens ou syriens, ils sont avant tout chrétiens. Nous ne les oublions pas.



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Sur la liberté d'expression - France Catholique

Sur la liberté d'expression - France Catholique

Sur la liberté d'expression

Le thème de la liberté d'expression domine les esprits en ce moment pour des raisons évidentes. Mais il ne constitue nullement une nouveauté. Je garde le souvenir d'épisodes plus anciens qui donnèrent lieu à des oppositions frontales. Ainsi en 1988, Martin Scorsese blesse gravement la sensibilité chrétienne avec son film intitulé La dernière tentation du Christ. Les protestations émanent alors des rangs catholiques, avec notamment l'intervention des cardinaux Lustiger et Decourtray qui donne lieu elle-même à des répliques. Pour certains, l'intrusion de l'autorité religieuse dans le domaine de l'art est insupportable. Scorsese trouve d'ailleurs des défenseurs même dans la personne d'un évêque catholique, avec des arguments qui frisent souvent le sophisme. Le cardinal Lustiger explique que Jésus n'est pas une figure de la mythologie, qu'il s'agit d'un personnage historique, qui a droit au respect de son intégrité morale et de la véracité de son existence.

C'est une question sérieuse. Dans une société si prompte à défendre les droits des individus et dont la justice est appelée sans cesse à arbitrer sur des atteintes à la dignité personnelle, on devrait quand même être sensible à cette dimension. A-t-on le droit de trafiquer, au nom de l'imaginaire, sur une personnalité historique, au surplus vénérée par toute une population ? Au nom de la création artistique, tout est-il permis, y compris les plus absurdes travestissements de la réalité ? Il semble que quelques-uns s'attribuent tout privilège dans ce domaine, même la protestation est interdite. Celle de l'archevêque de Paris de l'époque est associée, malhonnêtement, à l'acte criminel d'un petit groupe qui a incendié un cinéma du boulevard Saint-Michel.

Je sais bien qu'il est difficile de trouver un juste équilibre. Je suis moi-même opposé à l'idée d'un État répressif et d'une justice vindicative. Mais ce n'est pas une raison pour légitimer une sorte de pouvoir absolu qui serait conféré à quelques-uns pour dominer l'espace public et interdire la légitime indignation des offensés et des humiliés, piétinés par les sarcasmes de ceux que Philippe Muray appelait parfois les matons de Panurge.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 24 février 2015.



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المفتي دريان والاخوان كواشي

المفتي دريان والاخوان كواشي

المفتي دريان والاخوان كواشي

"ليبانون ديبايت"

عندما قرر المخرج شربل خليل التعبير عما يجول في باله وينشر على مواقع التواصل الاجتماعي أفكاره، التي لا تتوافق مع أفكار الكثيرين مِن مَن اعتادوا على الخضوع إلى أفكارٍ قمعية متوارثة من جيلٍ إلى جيل، كان يدرك، ربما، أنّه سيتحوّل إلى مادة جدل لن تنتهي، لكنه لم يتوقّع أن يُصبح بشكل أو بآخر "مهدور الدّم".

قد يظن البعض للوهلة الأولى أن الرقابة التي تُمارس ضد العاملين في الحقل الإعلامي، مفروضة عليهم بفعل أنظمة وقوانيين تضيق بالحريات العامة، ومنها الحريات الإعلامية، غير أن للرقابة جوانب عدة، أبرزها واخطرها الرقابة الذاتية، التي تصبح سيفا مسلطا على رقاب العاملين في هذا الحقل، فيهدرون بذلك مهنيتهم، ويخونون في الوقت نفسه ضمائرهم.

ان ما قام به الاخوين كواشي من عملية قتل بدم بارد لستة من رسامي الكاريكاتور العاملين في صحيفة "شارلي ابدو" وما رافقها من شجب عالمي لم يكن لعدد الضحايا او لفظاعة الجريمة او لطريقة الانتقام البربرية بل لان القتلة ارادوا ان يزرعوا الخوف والرعب في نفوس الصحافيين والرسامين انفسهم ولدى عائلاتهم وزملائهم.

بعد هجوم "شارلي إيبدو"، سيعمل الرسامون الكاريكاتوريون من دون أن يغيب الهجوم عن بالهم، لا سيما متى تناولوا مواضيع مثيرة للجدل. ولا شك في أن أفضل من عبر عن هذا الخوف هو باتريك شابات من "نيويورك تايمز"، الذي وضع رسماً كاريكاتورياً في عنوان بعد "شارلي إيبدو"، يظهر فيه رسام كاريكاتوري جالس إلى مكتبه، وقد خطرت له فكرة تكسوها الدماء.

بالامس "شارلي ابدو" واليوم المخرج شربل خليل.. حيث طلب مفتي الجمهورية اللبنانية الشيخ عبد اللطيف دريان من وزير العدل أشرف ريفي تحريك النيابة العامة بخصوص ما نشره خليل على صفحة "تويتر" الخاصة به حول ما يسمّى "جهاد النكاح"، والذي يثير النعرات الدينية والمذهبية ويقصد النيل من الوحدة الوطنية وتعكير الصفاء بين عناصر الأمة.

طلب مفتي الجمهورية لاقى اذان صاغية عند وزير العدل الذي حرك النيابة العامة، فمثل خليل اليوم امام القضاء بسبب "جريمته" في نشر صورة عن الممارسات الشاذة التي يقوم بها تنظيم "الدولة الاسلامية" تحت راية اسلامية، أكد وزير الداخلية نهاد المشنوق أنها لن تُرفعَ في مدينة طرابلس ومداخلها وهي التي ذُبحَ تحتَها عسكريون لبنانيون.

والخطير ان البعض ربط بين تحريك النيابة العامة ضد شربل وادعاء مفوض الحكومة لدى المحكمة العسكرية على المطرب المعتزل فضل شاكر بـ"جرم إثارة النعرات الطائفية والمس بسمعة الجيش عبر الفيس بوك" قبل ايام وشتان ما بين فعل خليل وشاكر.

ان المفتي دريان خلط بين الاسلام وتنظيم "الدولة الاسلامية" وبالتأكيد ليس من ينتقد تنظيما ارهابيا يتغطى بالاسلام ويستغل تعاليمه وشاراته ورايته لتفيذ امور ابعد ما تكون عن الدين والانسانية هو ينتقد الاسلام.

بيروت ليست الموصل وطرابلس ليست الرقة، ولن نكون رعايا لداعش في لبنان ولن يمنعنا احد من انتقاد من يجب ان يتم انتقاده، حتى لو تغطى بكل الاديان والرايات.


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Terrorisme: Cazeneuve propose un code de bonne conduite aux géants du Net

Terrorisme: Cazeneuve propose un code de bonne conduite aux géants du Net

21/2015-Terrorisme: Cazeneuve propose un code de bonne conduite aux géants du Net

Bernard Cazeneuve et des dirigeants de Google

Lors de sa rencontre avec des dirigeants d'Apple, Google, Facebook et Twitter, le ministre de l'Intérieur a évoqué l'indispensable retrait rapide d'images ou de messages incitant au terrorisme ou recrutant de futurs terroristes.

Bernard Cazeneuve se dit ravi de sa visite éclair dans la Silicon Valley. Dans le but de lutter contre le terrorisme, le ministre de l'Intérieur estime indispensable d'accroître sa coopération avec les géants du réseau internet. Dans la région de San Francisco le ministre de l'Intérieur a donc rencontré vendredi pendant quelques heures, des responsables des affaires publiques d'Apple, Google, Facebook et Twitter.

Sans nuire à la liberté d'expression, à la protection de la vie privée et à l'échange de connaissances, Bernard Cazeneuve affirme que le retrait rapide d'images ou de messages incitant au terrorisme ou recrutant de futurs terroristes, est indispensable. Or à ses yeux rien de cela ne peut se faire sans «une relation de confiance» avec ceux qui gèrent les grandes plateformes de communication sur internet.

Une réunion à Paris en avril

Afin d'élaborer avec eux «un code de bonne conduite» il a invité ses interlocuteurs à une réunion à Paris en avril. Il s'agira à cette occasion «d'arrêter un code de bonne conduite qui présidera durablement à la relation de confiance que nous souhaitons instaurer avec eux pour lutter contre le terrorisme» a expliqué le ministre lors d'une conférence de presse à San Francisco vendredi soir. «Je suis venu dire ma confiance dans les grands acteurs numériques...Ils m'ont montré par leur accueil, leur volonté d'écoute, de compréhension, de solidarité, et leur volonté de trouver ensemble des solutions» a souligné Bernard Cazeneuve.

Ce dernier est encouragé par la rapidité croissante de Google, Facebook et Twitter à retirer des contenus «qui nous posent problème». Le ministre leur a néanmoins montré des exemples de certains contenus toujours disponibles sur le réseau. Alors que ces grandes sociétés préfèrent parler le moins possible en public de ces questions délicates, le ministre français estime que ses interlocuteurs sont néanmoins d'accord «pour aller plus loin».

Le gouvernement français souhaite en particulier faciliter la fourniture rapide aux autorités de police et de lutte contre le terrorisme, d'informations relatives aux connexions et modes d'échanges de messages entre acteurs suspects. «Quand dans le cadre d'enquêtes nous pensons que sur internet ou le darknet s'échangent des messages qui préparent des attentats...» il est important d'avoir accès aux données techniques qui permettent de repérer ces acteurs, affirme le ministre de l'Intérieur.

Et ce dernier de rappeler que ces démarches restent encadrées par des procédures judiciaires de contrôle, concernent des groupes ciblés, et que toute demande d'information doit être motivée.



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Charbel Khalil publie une photo sur le "jihad du sexe", le mufti Deriane saisit la justice - L'Orient-Le Jour

Charbel Khalil publie une photo sur le "jihad du sexe", le mufti Deriane saisit la justice - L'Orient-Le Jour

18/2/2015-Charbel Khalil publie une photo sur le "jihad du sexe", le mufti Deriane saisit la justice

Le mufti de la République Abdellatif Deriane a demandé au ministre de la Justice Achraf Rifi, de "saisir le Parquet général" concernant une photo publiée par Charbel Khalil sur son compte Twitter, rapporte mercredi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Charbel Khalil, réalisateur de l'émission satirique Bassmat Watan aurait, selon le communiqué rapporté par l'Ani, publié la photo d'une femme assise sur un lit où est inscrit la profession de foi musulmane ainsi que "jihad du sexe". Le mufti de la République a souhaité que le Parquet général "prenne les mesures légales nécessaires à l'encontre de Charbel Khalil", il a estimé que cette photo "peut susciter des conflits religieux et communautaires" et "porte atteinte à l'islam". 

Le tweet n'était plus visible sur le compte de M. Khalil. Il a néanmoins retweeté l'information.

Achraf Rifi a promis de suivre l'affaire.

Ce n'est pas la première fois que Charbel Khalil s'attire les foudres de responsables libanais. En 2006 et en 2013, son émission Bassmet Watan avait transgressé ce qui est considéré comme un "tabou", à savoir se livrer à l'imitation du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans le cadre d'un sketch.



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خاص: حقيقة الادعاء على شربل خليل

خاص: حقيقة الادعاء على شربل خليل

ريتا الجمّال |  ليبانون ديبايت 
2015 - شباط - 18
خاص: حقيقة الادعاء على شربل خليل
خاص "ليبانون ديبايت"- ريتا الجمّال:

لبنان هو البلد العربي الوحيد الذي يتمتع بنظام ديمقراطي ويتميّز بحرية الرأي والتعبير.. هكذا يقال عنه في الاحاديث السياسية والاطلالات المباشرة للسياسيين ورجال الدين، الا ان الدعاوى العالقة في القضاء التي يرتبط موضوعها بالاساءة الى سياسي، والقدح والذم بمذهب معيّن او اثارة النعرات الطائفية، تظهر واقعا ملموسا مغايرا للحقيقة التي نتفاخر بها على "إخواننا العرب".

وما حدث اليوم مع المخرج شربل خليل اكبر دليل على ان الطائفية لا تزال راسخة وبقوة في النفوس، وبان للحرية في لبنان سقف وخط أحمر يعرف بالاديان يحرّم المس به، بمجرّد ان نشر خليل صورة على حسابه الرسمي على تويتر عليها راية تنظيم "الدولة الاسلامية" حتى وضعه بعض المغردون ورجال الدين في خانة التطاول على الاديان والتحريض، واجرى مفتي الجمهورية اللبنانية الشيخ عبد اللطيف دريان اتصالا بوزير العدل اشرف ريفي طالبا منه "تحريك النيابة العامة بخصوص ما نشره السيد شربل خليل على صفحة "التويتر" الخاصة به والذي يثير النعرات الدينية والمذهبية والنيل من الوحدة الوطنية وتعكير الصفاء بين عناصر الامة سندا لاحكام المادة 317 من قانون العقوبات".

ويأتي هذا الاخبار اثر "استخدام خليل عبارة التوحيد "لا اله الا الله محمد رسول الله" بخطها على سرير جالسة عليه فتاة بصورة مشينة تحت عبارة جهاد النكاح".

وأكدت مصادر مقرّبة من المخرج شربل خليل لموقع "ليبانون ديبايت" أن الادعاء على خليل باطل لأن الصورة التي بني عليها الاتهام مركبّة بواسطة تطبيق "فوتوشوب"، كما انها قديمة ويمكن اثبات ذلك من خلال العودة الى موقع "غوغل" والبحث عنها.

هذا وتقول المصادر نفسها، بأن خليل لم يقم بنشر الصورة على حسابه الرسمي على تويتر بل قام بإعادة التغريدة اي ما يعرف بالـ "Retweet".

وبانتظار ما سيصدر عن القضاء والخطوات التي سيقوم بها خليل، يبقى السؤال الاهم، لماذا يتم تضخيم الامور الصغيرة واحداث بلبلة كبيرة عليها فيستفيق حس العدالة وروح تطبيق القانون في الوقت الذي يعاني البلد من مشاكل اهم بكثير تتطلب مواقف جريئة وقرارات حازمة لا أحد يكترث بها لنلتهي بالقشور؟.

بغض النظر عما فعله خليل الذي وان فعل ذنبا ما فهو انه يعبّر عن اراء الناس بطريقة ذكية لايصال رسالة واضحة الى المسؤولين، لكن إلقاء الضوء عليه يشكل بحد ذاته تحريضا كبيرا من شأنه ان يحدث انقساما كبيرا بين مؤيد ومعارض نظرا للشعبية التي يتمتع بها خليل وسلاح "حرية التعبير".


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Numérique : le livre, dernier refuge de l’homme libre ?

Numérique : le livre, dernier refuge de l'homme libre ?
Numérique : le livre, dernier refuge de l'homme libre ?

Fleur Pellerin, ministre de la Culture, admettait récemment n'avoir pas eu le temps de lire un livre depuis deux ans. Vous, dont la bibliothèque compte près de 200.000 livres, est-ce que cela vous indigne ?

Je trouve qu'elle est plutôt à plaindre. Fleur Pellerin n'est pas une femme antipathique. Comme beaucoup de jeunes Asiatiques, elle a sûrement travaillé dur pour obtenir ses diplômes. Elle a passé un baccalauréat scientifique, elle est passée par l'ESSEC et par l'ENA, avant de devenir à vingt-six ans magistrate à la Cour des comptes, ce qui n'est pas rien. Elle a ensuite occupé des fonctions gouvernementales en étant successivement chargée de l'Économie numérique, du Commerce extérieur, puis du Tourisme. Le problème est que tout cela n'a rien à voir avec la culture, ce qui est un peu gênant quand on est titulaire d'un poste qui fut, en d'autres temps, occupé par André Malraux.

Bien entendu, un ministre de la Culture ne doit pas être nécessairement un écrivain. Mais si madame Pellerin n'a rien lu depuis deux ans (saluons au moins sa franchise !), c'est de toute évidence qu'elle n'a pas lu grand-chose avant non plus. J'ai du mal à l'imaginer plongée dans La Recherche, dans Les Cloches de Bâle ou dans Les Possédés, pour ne rien dire des Deux Étendards ou de La Fosse de Babel. Elle dit qu'elle « n'a pas eu le temps », ce qui prête à sourire. Les gens qui n'ont « pas le temps de lire » sont des gens qui n'en éprouvent pas le besoin. Quand on en a le besoin, on trouve toujours le temps. Fleur Pellerin ne dirait pas que depuis deux ans elle n'a pas eu le temps de manger ! Érasme, lui, confiait : « Quand j'ai un peu d'argent, je m'achète des livres et s'il m'en reste, j'achète de la nourriture et des vêtements. » . Je trouve que c'est une bonne façon de procéder.

De son côté, Natacha Polony n'en finit plus de rappeler que l'école sert d'abord et avant tout à lire, écrire et compter. Et que l'enseignement numérique n'est finalement que subsidiaire…

Il est toujours bon de rappeler le b.a-ba, mais l'école, en principe, ne doit pas seulement servir à lire, écrire et compter. L'Éducation nationale est censée éduquer, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'enseigner. Éduquer, c'est mettre en forme et c'est transmettre. Or, nos enseignants ne savent visiblement plus que transmettre ni comment transmettre. Dans Les Déshérités, François-Xavier Bellamy assure même qu'il leur est « interdit de transmettre ». Entre ceux qui veulent voir leurs enfants acquérir des connaissances « utiles pour avoir un métier », transformant ainsi l'école en antichambre du cabinet d'embauche, ceux qui veulent laisser s'épanouir la « créativité » de ceux qui en sont manifestement les plus dépourvus, et les élèves eux-mêmes qui trouvent que « ça ne sert à rien » d'apprendre quelque chose, puisque « maintenant on trouve tout sur Wikipédia », la ligne de crête n'est pas facile à suivre. D'ailleurs, question lancinante : qui éduquera les éducateurs ?

Dans L'Enseignement de l'ignorance, Jean-Claude Michéa affirme que l'oubli de l'histoire et des lettres classiques n'est nullement un « dysfonctionnement » de l'école, mais le but même qui lui est désormais assigné. Pour créer l'Homo œconomicus que le monde actuel place au centre de sa conception du monde, il faut que le futur consommateur soit rendu parfaitement malléable, et donc « libéré » de tout repère « archaïque ». L'oubli du passé répond aux exigences conjointes de la gauche libérale, de l'industrie des loisirs et du patronat. C'est pourquoi l'école actuelle fabrique des crétins à la chaîne, c'est-à-dire des incultes portés par la seule immédiateté de leurs désirs marchands. Or, la culture n'est pas un bagage qui permet de faire bonne figure à « Questions pour un champion », ni un élément décoratif conçu de façon bourgeoise comme la potiche qu'on place sur un dessus de cheminée, et moins encore une « industrie » dont l'avenir est dans le numérique, comme le croit Fleur Pellerin. La culture – je dis la culture, pas les « produits culturels » – est ce qui permet à l'homme d'acquérir une forme intérieure. Bernanos disait qu'« on ne comprend rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». C'est exactement cela.

Autrefois, il fut prétendu que la photo allait détrôner la peinture, que le cinéma allait tuer le théâtre, que la télévision allait achever le septième art, et que les vidéo-clubs ne feraient qu'une bouchée des salles de cinéma. À l'heure d'Internet et de la VOD, qui va tuer qui ?

Les nouveaux procédés techniques ne font pas forcément disparaître les précédents, mais ils les transforment. Lorsqu'il a perdu le monopole de l'image qui bouge au profit de la télévision, le cinéma a considérablement changé. Revoyez Ginger et Fred de Fellini ! De même, l'œil de l'Homo numericus qui balaie l'écran d'une tablette n'est pas l'œil qui découvre peu à peu une page imprimée. André Suarès écrivait en 1928 : « Il est possible que le livre soit le dernier refuge de l'homme libre. Si l'homme tourne décidément à l'automate, s'il lui arrive de ne plus penser que selon les images toutes faites d'un écran, ce termite finira par ne plus lire. Toutes sortes de machines y suppléeront : il se laissera manier l'esprit par un système de visions parlantes […] Tout y sera, moins l'esprit. Cette loi est celle du troupeau. »  Le plus grand risque pour l'homme d'aujourd'hui est d'adopter un comportement technomorphe qui étouffe peu à peu ce qu'il y a en lui de proprement humain. Là, ce n'est plus Ginger et Fred qu'il faut évoquer, mais Fahrenheit 451.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier



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Alarab : 150 employés libanais vivent dans l’angoisse du licenciement - Pierre Sawaya - L'Orient-Le Jour

Alarab : 150 employés libanais vivent dans l'angoisse du licenciement - Pierre Sawaya - L'Orient-Le Jour

Alarab : 150 employés libanais vivent dans l'angoisse du licenciement

La nouvelle est tombée comme un couperet pour les 320 employés d'Alarab. Bahreïn a ordonné le 9 février la fermeture de la chaîne, en affirmant qu'elle n'avait « pas obtenu les autorisations nécessaires ». La télévision, lancée le 1er février à Manama, aura diffusé des programmes pendant moins de 24 heures avant de devoir les interrompre.
« Nous ne savons pas ce qui nous attend. L'administration de la chaîne n'a pas encore pris de décision concernant les employés ni nos salaires », affirme à L'Orient-Le Jour Rami*, libanais de 28 ans, du département technique. « Nous ne savons pas si la chaîne obtiendra à nouveau l'autorisation d'émettre ou si nous serons obligés de déménager dans un autre pays. Ces deux options ont été évoquées par l'administration. Nous ne savons pas non plus si nous serons licenciés et si nous devrons rentrer au Liban », souligne le jeune homme, joint au téléphone.


Rami, qui travaillait au Liban en free-lance, a quitté le pays il y a sept mois afin de s'installer à Bahreïn. Il fait partie de ces nombreux jeunes Libanais qui émigrent à la recherche d'une stabilité financière. « L'offre était alléchante. Les conditions idéales. Mes revenus ont augmenté de 60 %. Pour la première fois j'ai le sentiment que ma carrière démarre. Décidément, la malchance nous suit partout », dit-il, amer, en refusant de donner le montant exact de son salaire.
Selon les personnes interrogées, Alarab proposait des rémunérations légèrement supérieures à celles de ses concurrentes. Sur les quelque 150 Libanais employés par Alarab, nombreux sont ceux qui ont quitté leurs fonctions dans des chaînes comme al-Jazira et al-Arabiya, ou encore BBC, et Sky News Arabia pour des motifs financiers ou en raison d'une promotion.


C'est le cas de Sami*, 32 ans, originaire de Beyrouth. Il a décidé de quitter une chaîne concurrente pour un meilleur poste au sein de la rédaction d'Alarab. « Qui dit promotion dit augmentation de salaire. Le mien a progressé de 20 % à plus de 5 000 dollars. À présent je me vois regretter ma décision, si je me retrouve au chômage. Qui voudra m'embaucher ? Sûrement pas mon ancien employeur », reconnaît-il. « Mais il est de plus en plus clair que notre place n'est plus à Bahreïn. Dans un autre pays ? Ce sera une affaire titanesque s'il faut déménager les studios et le matériel. La mise en place de toute l'infrastructure a nécessité cinq ans », souligne Sami, qui se rend quotidiennement aux locaux de la chaîne.


Le lancement d'Alarab avait en effet été reporté maintes fois depuis l'annonce du projet en 2010 par le prince al-Walid.
Commencer à vendre les meubles et faire les valises? Les deux jeunes hommes y ont sérieusement pensé. « Bahreïn, c'est fini pour nous, à moins d'un miracle », souligne Rami, qui regrette un pays où il fait bon vivre. Mais les deux hommes sont catégoriques : « Nous ferons tout pour ne pas rentrer au Liban et nous retrouver dans la précarité. Les salaires de 800 dollars, c'est du passé. »


*Les noms des personnes interrogées ont été changés pour préserver leur anonymat, la direction leur ayant interdit de communiquer sur le sujet.

Pour mémoire

Le groupe Rotana de Walid ben Talal s'installe au Bahreïn

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Les titres religieux bannis de Facebook | La-Croix.com - Actualité

Les titres religieux bannis de Facebook | La-Croix.com - Actualité
« UN AVIS D'EXPULSION VIRTUEL »

Des prêtres se seraient vus menacés de perdre leur compte Facebook pour avoir ajouté « Père » ou « father » devant leur prénom sur le célèbre réseau social, rapporte le site d'information Aleteia, citant le cas de plusieurs prêtres américains ayant reçu l'injonction de modifier leur nom, supprimant leur titre, sous peine de voir leur accès suspendu.

Cela intervient dans le cadre d'une vague de suspension pour contraindre les utilisateurs du réseau social à utiliser leur nom civil légal, faisant la chasse aux pseudonymes et aux comptes anonymes, explique le site Internet Rue 89.

« C'est étrange. C'est la première fois que cela m'arrive, raconte à Aleteia le P. James Chern qui, en tant que responsable des vocations du diocèse de Newark (États-Unis), et aumônier universitaire, trouve Facebook très utile pour communiquer avec les jeunes. Tôt le matin, j'ai reçu un message disant que mon nom ne cadrait pas avec les "politiques ou standard" de Facebook. J'ai pensé à un virus. Quand j'ai tenté de me connecter à nouveau, même chose : "Nous n'autorisons aucun titre professionnel ou religieux". J'ai alors essayé de mettre "Père" dans la première case, "Jim" au milieu et"Chern" en dernier. Ils sont revenus à la charge et m'ont dit : "Vous violez la politique de restriction. Vous avez une minute pour changer votre nom. Si vous gardez le même nom, nous désactiverons votre compte." Ouah ! J'ai reçu un avis d'expulsion virtuel, et j'ai une minute pour m'asseoir et méditer sur mon existence. J'ai donc mis "Jim Chern", et un de mes amis a pris une photo pour le profil. »

Ne pas ajouter « des titres de quelque sorte »

« Facebook est une communauté où les gens utilisent leur véritable identité »,communique régulièrement le réseau social, qui assume demander « aux gens de fournir leur nom dans la vie réelle. De la sorte, vous saurez toujours avec qui vous vous connectez. Cela contribue à préserver notre communauté. »

En vertu de cette politique, Facebook demande aux utilisateurs de s'abstenir d'ajouter à leurs noms « des titres de quelque sorte que ce soit (professionnel, religieux...). (...) Le nom que vous utilisez devrait être votre véritable identité, le même nom par lequel vos amis vous appellent dans la vie réelle », indiquent les conditions d'utilisation de Facebook.

« Je veux que les gens sachent avec qui ils communiquent »

« La mesure de Facebook semble s'appliquer de façon inégale », s'étonne pour sa part Mgr Paul Coakley, archevêque d'Oklahoma City, dans une interview sur Facebook citée par Aleteia. « J'ai contourné l'interdiction en associant mon titre à mon nom : "archevêque Paul Coakley". Une des choses qui m'ont attiré avec Facebook, ce sont les opportunités que le réseau social offre à l'évangélisation. Je veux que les gens sachent avec qui ils communiquent quand ils communiquent avec moi. Ce type de restriction ne me paraît pas cadrer avec le type de discours social que les médias devraient promouvoir. »

Une pétition, signée par plus de 10 000 personnes, a été mise en ligne sur Facebook demandant que le réseau social permette aux prêtres d'ajouter leur titre.

Le 1er  octobre 2014, Chris Cox, chef de produit de Facebook, avait présenté ses excuses à la communauté LGBT qui subissait des suspensions de compte, raconte Rue 89. En effet, « utilisant leurs noms de scène comme pseudos sur le réseau social, plusieurs drag queens avaient alors rappelé que le passage au nom civil, en plus de leur faire perdre de la visibilité, pouvait s'avérer physiquement dangereux. » Les comptes avaient alors été réactivés, en conservant leur pseudonyme, sans que les conditions d'utilisation soient modifiées.

Clémence Houdaille


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France : ce qui a changé depuis l'attentat contre "Charlie Hebdo" - Le Point

France : ce qui a changé depuis l'attentat contre "Charlie Hebdo" - Le Point
Photo d'illustration.

Sécurité renforcée, popularité retrouvée pour François Hollande, mais aussi craintes accrues des juifs et des musulmans : ce qui a changé un mois après les attentats qui ont fait 17 morts en région parisienne du 7 au 9 janvier.

Des nouvelles mesures de sécurité

Relevé le jour-même de l'attaque contre Charlie Hebdo à son niveau le plus élevé en Ile-de-France, le plan Vigipirate mobilise des milliers de policiers et gendarmes pour surveiller les édifices sensibles, notamment les lieux de culte. Il mobilise également près de 10 500 militaires sur le territoire national. Deux semaines après, Manuel Valls a annoncé un renforcement de plus de 2 600 emplois dédiés à la lutte contre le terrorisme, avec une rallonge de 425 millions d'euros sur trois ans pour améliorer les équipements des forces de l'ordre, du matériel informatique aux casques et gilets pare-balles. Parallèlement, la Défense supprimera 7 500 postes de moins que prévu sur 2015-2019.

Le gouvernement souhaite également le vote d'ici l'été d'un projet de loi sur le renseignement pour permettre notamment la "sonorisation" (mise sur écoutes) des lieux privés où agissent des suspects d'attentats et l'accès à leurs données informatiques. Sur le plan européen enfin, Paris cherche à "obtenir des avancées" sur les contrôles aux frontières extérieures de l'UE et les échanges de données sur les passagers aériens.

L'image de l'exécutif renforcée

Tombée depuis plusieurs mois à des niveaux historiquement bas, la cote de popularité de l'exécutif a connu une brusque embellie - grimpant de 20 points selon certains instituts de sondage - profitant du sentiment d'unité nationale et de "l'esprit du 11 janvier" porté par les millions de manifestants qui ont défilé dans toute la France contre le terrorisme. Mais cet élan reste à confirmer sur le terrain miné du chômage et de la reprise économique. Il pourrait aussi aviver la rivalité entre le président Hollande et son Premier ministre Manuel Valls dans la perspective de la présidentielle de 2017, le second étant donné largement vainqueur dans l'hypothèse d'un duel au second tour face à la présidente du Front national Marine Le Pen.

L'inquiétude des Juifs de France

L'attentat au supermarché casher a provoqué une nouvelle onde de choc dans la troisième communauté juive du monde, forte d'un demi-million de membres, et au-delà. Les responsables communautaires ont observé avec soulagement les grandes marches républicaines. Mais "beaucoup de gens sont persuadés que s'il n'y avait eu que l'Hyper Cacher, et pas la tuerie visant des journalistes et la liberté d'expression, il n'y aurait pas eu cette mobilisation, et ils le déplorent", confie Moché Lewin, rabbin au Raincy (Seine-Saint-Denis).

Les fidèles et usagers des synagogues, écoles juives et centres communautaires ont dû s'habituer au déploiement de milliers de policiers, gendarmes et soldats devant ces lieux. Mais ils s'inquiètent déjà de l'allègement inévitable du dispositif, alors que la hausse des actes antisémites, qui ont doublé en 2014 par rapport à 2013, constitue une tendance de long terme. Les chiffres de l'aliyah, l'émigration des Juifs vers Israël qui a atteint un niveau record l'an dernier et devrait poursuivre sa hausse en 2015 (10 000 départs attendus), seront scrutés de près dans les prochains mois.

Les "représailles" contre les musulmans

Après une année 2014 de reflux des actes anti-musulmans, le climat post-attentats a eu un effet tangible sur les actions (jets de grenades à plâtre, tirs de pistolet à grenaille) et menaces (inscriptions, insultes, slogans nazis) visant mosquées et croyants, qui ont flambé : 128 faits officiellement recensés en deux semaines, soit presque autant que sur toute l'année 2014. "Un sommet dans la haine", s'est lamenté l'Observatoire contre l'islamophobie. "Des représailles" contre des citoyens français, s'est insurgée une autre association.

Les représentants de la première minorité musulmane d'Europe (3,5 à 5 millions de fidèles) saluent les appels des autorités à ne pas céder à "l'amalgame" entre islam et jihadisme. Mais ils pointent une forme d'"hystérie collective" dans la prompte réaction des autorités publiques et des médias révélée par certaines affaires, comme la brève audition au commissariat d'un enfant de huit ans s'étant dit solidaire des tueurs de Charlie Hebdo.

Où (en) est Charlie ?

Le prochain numéro paraîtra le 25 février, mais "il va falloir reconstituer une équipe" et trouver de nouveaux locaux, indique Éric Portheault, cogérant de Charlie Hebdo. La rédaction endeuillée est hébergée par le quotidien Libération et la plupart des rescapés vivent sous la protection de gardes du corps.

L'attentat contre l'hebdomadaire, qui a fait douze morts, a par ailleurs redonné un coup de fouet aux finances du journal, désormais dirigé par le dessinateur Laurent Sourisseau, alias Riss. En novembre, Charlie Hebdo, qui ne vendait que 28 000 exemplaires par semaine, avait lancé un appel aux dons pour survivre. Son "numéro des survivants" a déjà été tiré à plus de 7,3 millions d'exemplaires. À ce jour, Charlie Hebdo a également recueilli près de 2,4 millions d'euros de dons de plus de 30 000 personnes sans compter les aides du ministère de la Culture ou de Google. Il a également dépassé les 200 000 abonnés, contre 10 000 avant le 7 janvier. En tout, le journal pourrait recueillir près de 30 millions d'euros

Les médias sanctionnés ?

De la diffusion d'images de policiers à la traque, en passant par les prises d'otages, les assauts ou le dénouement, les médias audiovisuels ont-ils commis des "manquements" dans la couverture des attentats de Paris? Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a reçu une quarantaine de responsables des chaînes télé et des radios pour disséquer leur couverture des attentats et se prononcera sur d'éventuelles sanctions dans la première quinzaine de février.




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Il faut que nous ayons le courage de reconnaitre les égarements de notre société | Riposte-catholique

Il faut que nous ayons le courage de reconnaitre les égarements de notre société | Riposte-catholique
3/2/2015-Il faut que nous ayons le courage de reconnaitre les égarements de notre société

Suite aux attentats, Monseigneur Olivier de Germay, évêque d'Ajaccio, écrit :

« La liberté d'expression est une valeur à laquelle nous sommes attachés. Et c'est à juste titre que nous nous scandalisons devant le cas de Raif Badawi récemment condamné à 1000 coups de fouet pour avoir critiqué le Royaume d'Arabie saoudite. Est-elle pour autant un absolu ? Si c'était le cas, il faudrait supprimer la loi condamnant le négationnisme ou l'incitation à la haine raciale.

Faire de la liberté d'expression un absolu, c'est renoncer à construire la paix sociale.

En tant que liberté individuelle, la liberté d'expression s'inscrit dans le cadre de la vie en société. Vouloir en faire un absolu, c'est renoncer à construire la paix sociale. De ce point de vue, réagir aux attentats par une diffusion massive de caricatures de Mahomet est la plus mauvaise des réponses. Certains revendiquent et interprètent ce choix comme le refus de céder au terrorisme.

On peut comprendre cette réaction, mais elle est selon moi le signe d'un manque de recul. Nous n'avons pas compris qu'à force d'insulter ou de tourner en dérision les autres nous générons de la haine. Donner à sa propre expression des limites dans le souci de respecter les autres n'est pas une perte de liberté mais au contraire le signe d'une grande liberté intérieure.

Tout en saluant la mémoire des victimes de ces actes odieux et injustifiables, il faut que nous ayons le courage de reconnaitre les égarements et les contradictions de notre société qui ont favorisé de tels clivages. Le combat pour la défense des droits de l'homme fait partie de l'histoire et de l'honneur de notre nation, mais notre erreur a été d'absolutiser les libertés individuelles en oubliant le bien commun. Nous avons pensé ces libertés à partir de l'homme considéré comme un individu autonome, oubliant qu'il n'existe qu'en étant inséré dans une société. Dans un tel contexte, toute limite à une liberté individuelle est perçue comme une régression. Par pragmatisme, on conviendra alors que la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres, ce qui est déjà un progrès mais ne peut que créer les conditions d'une tension permanente car l'autre est alors vu comme celui qui limite ma liberté.

La liberté qui n'est plus finalisée par l'amour de l'autre déshumanise.

L'individualisme exacerbé nous a fait oublier que l'homme – être de relation par nature – ne peut s'accomplir indépendamment des autres. Sa propre liberté ne trouve pas sa fin en elle-même, elle est finalisée par la vie en société. Si l'homme conçoit sa liberté comme la capacité de faire ce qu'il veut, il prend paradoxalement le risque de devenir esclave de la part d'égoïsme et de violence qui sont en lui. La liberté qui n'est plus finalisée par l'amour de l'autre déshumanise et s'efface devant la toute-puissance du désir. En revanche, dans la dynamique de l'amour, l'autre me rend libre car il me permet de réaliser ma vocation à aimer.

Cela explique, au moins en partie, la raison pour laquelle notre société accumule tant de contradictions. Nous sommes capables – et c'est heureux – de nous rassembler pour défendre la liberté d'expression et la liberté d'exister de ces journalistes, mais en même temps nous sommes prêts à jeter en pâture dans l'arène médiatique ceux qui osent s'exprimer pour défendre la liberté d'exister des enfants à naitre. Le désir – ou non – d'enfant s'est peu à peu érigé comme une liberté individuelle absolue et toute-puissante ; tellement toute-puissante qu'elle se donne le droit de tuer.

Le grand défi

De ces journées meurtrières, nous devons certainement – et je m'inclue dans le « nous » – tirer la leçon de savoir débattre avec plus de mesure et de respect mutuel. Mais le grand défi sera de comprendre que seul l'amour peut sauver le monde et nous rendre réellement libres. Libres pour insulter ? Non, libres pour aimer. »



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Reporters sans frontières interpelle les religions sur la liberté d’opinion | La-Croix.com - France

Reporters sans frontières interpelle les religions sur la liberté d'opinion | La-Croix.com - France
3/2/2015-Reporters sans frontières interpelle les religions sur la liberté d'opinion

Reporters sans frontière (RSF) a rendu publique mardi 3 février une Proclamation sur la liberté d'expression qu'elle demande à chaque responsable religieux français de signer et dans laquelle l'association de défense de la liberté de la presse rappelle notamment que « chacun est libre d'exprimer et de diffuser des critiques, même irrévérencieuses, envers tout système de pensée politique, philosophique ou religieux ». Ce texte avait été annoncé à la télévision par le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, dès le soir des manifestations du 11 janvier consécutives aux attentats de Paris et de Montrouge.

« Il y a des forces très puissantes dans le monde qui voudraient que les critiques contre les systèmes de pensée, notamment religieux, soient condamnables », relève Christophe Deloire pour qui « les notions de blasphème et de sacrilège sont extrêmement dangereuses pour la liberté d'expression ». « L'idée que certains journaux commettraient des excès serait un danger mortel pour nos libertés », estime-t-il même, en référence à certaines réactions au premier numéro de Charlie Hebdo paru après la fusillade de Paris.

La loi française « ne reconnaît ni ne condamne le sacrilège ou le blasphème »

Aussi la proclamation rappelle-t-elle que la loi française non seulement protège la liberté d'expression mais aussi, « ne reconnaît ni ne condamne le sacrilège ou le blasphème » et que « la liberté d'information et d'expression, celle des journalistes comme des citoyens, ne saurait être contrainte ou limitée par les convictions ou les sensibilités des uns ou des autres ». « Nul ne peut imposer sa conception du sacré à autrui », conclut-elle.

Côté religieux, les réactions sont contrastées. Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, a signé le texte en tant que recteur de la grande mosquée de Paris ainsi que la présidente de l'Union bouddhiste de France, Marie-Stella Boussemart, « à titre personnel ». Quant au grand rabbin de France Haïm Korsia, il soutient l'initiative, repoussant sa signature à une discussion avec les autres responsables religieux français, prévue mercredi prochain dans le cadre de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF).

Président de la Fédération protestante de France (FPF), le pasteur François Clavairoly a lui aussi signé. « J'accompagne cette démarche », précise-t-il à La Croix, rappelant que « les libertés de conscience et d'expression sont aussi des fruits du protestantisme ». Il a toutefois exprimé quelques réserves, « plus sur la forme que sur le fond ». « Pourquoi cette nécessité d'enjoindre les religions ? », regrette-t-il, soulignant que « les menaces les plus réelles sur la liberté d'expression ne viennent pas des religions – et notamment chrétiennes – mais des États totalitaires ou policiers qui instrumentalisent la religion à leur profit ».

« Ce n'est pas l'habitude de la CEF de signer un texte dont elle n'est pas rédactrice »

Même son de cloche du côté de la Conférence des évêques de France (CEF), qui n'a pas signé le texte. « Ce n'est pas l'habitude de la CEF de signer un texte dont elle n'est pas rédactrice, précise son secrétaire général Olivier Ribadeau Dumas. Que dirait RSF si nous lui demandions de signer une déclaration sur le traitement du fait religieux dans les médias ? » Rappelant la déclaration « extrêmement claire » du conseil permanent de la CEF du 12 janvier dernier, il s'interroge aussi sur « un certain soupçon sur les religions » qui découle du texte de RSF et qui, selon lui, « ne va pas dans le sens de la fraternité ». « Cette mise en cause unilatérale des religions comme facteur de désorganisation et de difficulté pour la société explique que nous ne la signons pas. »

Nul doute que la CRCF discutera du texte lors de sa prochaine rencontre, à laquelle Christophe Deloire a d'ailleurs demandé à être entendu. Pas sûr toutefois qu'il soit reçu. « La CRCF est une rencontre informelle entre les responsables de cultes : il serait paradoxal qu'on y reçoive formellement quelqu'un », relève un de ses participants. Mais RSF ne souhaite pas forcément une adhésion des seules instances religieuses nationales : sa proclamation est en effet proposée à la signature de tous les responsables locaux de lieux de cultes en France.



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Pour le Ministre jordanien des Affaires religieuses, les caricatures de Mahomet n’ont rien à voir avec



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Début du message transféré :

Expéditeur: Fides News Fr <fidesnews-fr@fides.org>
Date: 3 février 2015 13:53:40 UTC+2
Amman (Agence Fides) – Les actes de terrorisme du prétendu « Etat islamique » « n'ont rien à voir avec l'islam » tout comme « les caricatures du prophète Mahomet n'ont rien à voir avec le Christianisme et les politiques sionistes des colons n'ont rien à voir avec la religion juive ». C'est ainsi que le Ministre jordanien des Affaires religieuses, Hayel Dawoud, a voulu remarquer au travers d'une comparaison efficace et suggestive la distance infinie qui sépare les religions abrahamiques et les manipulations et idéologies violentes et intolérables qui utilisent de manière idéologique et déviante des références à des paroles et à des contenus religieux.

Son intervention, reprise par le site abouna.org, a été prononcée à Amman le 2 février dans le cadre de la conférence dédiée au thème « Amour et pardon », rencontre interreligieuse sponsorisée par le Royal Institute for Inter-Faith Studies en Jordanie et par l'Institut Salam pour la Justice et la Paix à Washington. Les propos du Ministre ont implicitement montré du doigt l'absurdité des attaques contre des églises et des objectifs chrétiens, qui, dans différentes parties du monde, ont été perpétrées en représailles contre les nouvelles caricatures sur Mahomet publiées par Charlie Hebdo, l'hebdomadaire français qui avait à maintes reprises publié des dessins brutalement blasphématoires et offensants y compris à l'encontre de la foi chrétienne. Selon le Ministre, la tolérance et l'attitude de pardon sont promues et soutenues par les trois religions abrahamiques et « les disciples de ces religions qui refusent ces concepts, provoquent la honte et le scandale pour leur religion e lle-même ».
A la conférence de deux jours se tenant dans la capitale jordanienne, participent des universitaires, des religieux, des journalistes et des opérateurs sociaux provenant de Jordanie, des territoires palestiniens, d'Egypte, du Soudan, du Liban et des Etats-Unis. (GV) (Agence Fides 03/02/2015)