Media et morale


Media et morale

Cité du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). Le Pape a reçu le personnel de TV 2000, la télévision de l'épiscopat italien, avec qui il a tenu à partager trois pensées qui lui sont chères: "Les media catholiques ont une grande responsabilité dans la communication sociale, qu'ils doivent protéger de tout ce qui la déforme ou la plie à d'autres fins... Ils doivent maintenir le lien social et le préserver des déformations. La communication est souvent conditionnée par la propagande et les idéologies, par des intérêts économiques ou politiques. Or ce qui la valorise est d'abord le courage de parler avec franchise et liberté. Face à la mode, aux lieux communs et aux formules toutes faites, la liberté risque d'annuler la capacité même de communiquer. La communication doit donc éviter autant le remplissage que la clôture. Elle se remplit lorsqu'elle laisse notre perception jouer avec des slogans. Au lieu d'animer la pensée, elle l'éteint, et elle se ferme lorsqu'elle propose des profils personnels comme en mesure de résoudre chaque problème ou comme bouc émissaire sur qui décharger toute responsabilité". Le communicateur doit au contraire s'ouvrir, et "il sera d'autant plus fécond qu'il se laissera guider par l'action de l'Esprit, seul en mesure de bâtir l'unité et l'harmonie. Il doit parler à la personne entière, au coeur et à l'esprit...et ne doit pas se soucier de frapper les esprits... Cela nécessite d'être prêts à donner mais aussi à recevoir de l'autre". Mais s'il faut s'abstenir des péchés de désinformation, de calomnie et de diffamation...la culture de la rencontre est de plus en plus nécessaire dans un contexte de plus en plus pluriel. L'affrontement ne porte à rien. Créer la culture de la rencontre est votre voie".

Radio Vatican regarde vers le futur : le nouveau site internet présentéRadio Vatican

Radio Vatican regarde vers le futur : le nouveau site internet présentéRadio Vatican
Radio Vatican regarde vers le futur : le nouveau site internet présenté

Le siège de Radio Vatican

(RV) - Une section entière dédiée au Pape François, la mise en évidence des principaux rendez-vous du Pape grâce à la publication de son agenda, les tweets en direct : ce sont les principales nouveautés qu'offre le site internet rénové de Radio Vatican et qui ont été présentées par le père Federico Lombardi lors d'une conférence de presse ce vendredi. Le directeur général de la radio a également présenté à la presse l'application pour téléphone mobile Android, I-Phone, et Windows permettant de lire les informations et d'écouter tous les programmes en 37 langues et 11 alphabets et les directs vidéo grâce à la collaboration avec le CTV.

Cet instrument unique permet ainsi de connaître et de suivre de près les activités du Pape et les événements se déroulant au Vatican et dans le monde.

« Radio Vatican continue de s'engager dans l'environnement de la communication numérique au service de l'Evangile et de l'Eglise » a déclaré le père Lombardi, ajoutant que « les modifications apportées au site internet ne concernent pas seulement l'architecture et l'aspect graphique, mais aussi l'organisation des contenus qui ont, oui, une approche plus sociale et moderne mais qui ne perdent pas de vue la mission évangélique propre de notre radio ».

Sur la page d'accueil linguistique, les internautes peuvent également cliquer sur les icônes Facebook, Twitter, Google +, QQ et Weibo pour partager des contenus, ou cliquer sur les icônes de Youtube et Youku où Radio Vatican possède un profil.

Outre ces nouveautés graphiques et de contenus, le père Lombardi a rappelé que le service RSS et les lettres d'information sont disponibles ou sont envoyées tous les jours en plusieurs langues, et que les programmes diffusés par Radio Vatican sont retransmis par un millier de radios locales ou régionales en FM dans tous les pays du monde. 



Envoyé de mon Ipad 

Je ne suis plus une victime, mais un témoin, par Laetitia Chanut



Envoyé de mon Ipad 

Je ne suis plus une victime, mais un témoin, par Laetitia Chanut
Prévenir le cauchemar du harcèlement sur les réseaux sociaux

Anita Bourdin

ROME, 9 décembre 2014 (Zenit.org) - Aujourd'hui elle travaille dans un "cinq étoiles" mais surtout, elle "n'est plus victime", comme elle le déclare elle-même devant la presse rassemblée au Vatican, elle est un "témoin".

A 21 ans, avec la maturité, la force et la douceur que l'on a lorsque l'on a tout jeune vaincu une lourde épreuve, Laetitia Chanut est en effet aujourd'hui un "témoin" et la marraine de la campagne du BICE « Stop au harcèlement sur Internet ». Le Bureau international catholique de l'enfance (BICE) vient en effet de recueillir plus de dix mille signatures contre le cyber-harcèlement sur Internet et les réseaux sociaux. 

Le président du BICE, Olivier Duval, a remis cette pétition et les signatures au président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal ghanéen Peter K. A. Turkson, en la salle de presse du Saint-Siège ce mardi 9 décembre, en présence du vice-directeur, le P. Ciro Benedettini, de Mme Flaminia Giovanelli, "numéro trois" - sous-secrétaire - de Justice et Paix et cheville ouvrière de cette rencontre, et du P. Fortunato Di Noto, président fondateur de l'association italienne METER (http://www.associazionemeter.org/) pour la lutte contre la pédo-pornographie et les abus commis contre les mineurs, qui s'engage dans ce domaine avec une opération "Au pas sur Internet" ("In riga su Internet").

Pour Don Di Noto en effet, les enfants, devant Internet, se retrouvent seuls comme des "orphelins", alors que leurs parents sont "en vie": ils sont laissés à eux-mêmes et aux pièges du net. 

Laetitia Chanut raconte sa longue descente en enfer, l'absence de réaction des forces de l'ordre lors de sa première plaintes, sa découverte de l'identité de celui qui le harcelait, sans qu'il soit pour autant convoqué ni auditionné. Elle évoque, la gorge encore nouée, le soir de sa tentative d'en finir avec la vie pour en finir avec le harcèlement, jour et nuit, les chantages, les compte à rebours, les mensonges. Tout avait commencé l'année de son bac, par le clonage de son compte facebook. Et cela a continué pendant des mois, en dépit de plusieurs changements de numéro de téléphone et d'un changement de lycée… 

La solitude s'est faite alors plus grande, justement au moment où elle est devenue majeure. Mais quand elle a enfin avoué sa tentative de suicide à ses parents, et que les gendarmes ont été mis au courant, la justice a bougé. Le harceleur démasqué, dans son ancien lycée, mais qu'elle ne connaissait pas, a été condamné à 8 mois avec sursis, 5 000 euro de dommages et intérêts, avec l'obligation de suivre une thérapie, mais il a fait appel.

Cependant Laetitia Chanut témoigne courageusement que se voir reconnue par la justice comme "victime" lui a permis justement de sortir de sa peau de victime: enfin, on reconnaissait que ce n'était pas de simples soucis d'adolescente qui finiraient avec l'adolescence. Mais une violence inouïe subie au quotidien pendant des mois. 

Désormais, ses comptes facebook ou twitter sont strictement professionnel. Pour ses proches, elle a créé une autre page facebook réservée. Tout ce qui est mis sur facebook appartenant à facebook, c'est très dififcile de s'en libérer, de disparaître: le "droit à l'oubli" n'est pas encore automatique.

Voici le témoignage que Laetitia Chanut a donné ce matin au Vatican. Pour les jeunes: ils peuvent s'en sortir. Mais c'est mieux de prévenir. Et pour les parents: le dialogue avec les enfants ne doit pas s'interrompre, même si la planète Internet leur est inconnue. Il faut que les enfants ne soient pas laissés seuls sur cette planète merveilleuse autant que pleine de dangers. Et pour les éducateurs. 

A.B.

Témoignage de Laetitia Chanut

Bonjour à toutes et à tous,

Je m'appelle Laetitia et je me réjouis de l'occasion que m'offre le Conseil Pontifical « Justice et Paix » pour partager avec vous mon histoire, mon vécu en tant que victime du cyber-harcèlement.

En 2011, j'étais au lycée, j'avais 17 ans, je préparais mon diplôme du Baccalauréat cette année-là. J'habitais Albi, à85 km de Toulouse. Comme beaucoup de jeunes de ma génération, j'étais hyper connectée, j'envoyais des sms tout au long de la journée et je me connectais sur Facebook plus d'une dizaine de fois par jour. Toute ma vie tournait autour du lycée et de mon environnement « web ». J'étais plutôt « populaire » à l'époque. J'avais plus de 400 amis sur Facebook et je pensais que c'était une preuve qu'on « m'aimait ». J'ai toujours été une adolescente très positive et sociable ; je parlais à beaucoup de monde, je profitais de la vie comme n'importe quel adolescent de mon âge.

Un jour mon meilleur ami m'a envoyé un sms pour me demander pourquoi j'envoyais des messages aussi bizarres. C'est alors que je me suis rendu compte que quelqu'un avait créé une dizaine de comptes facebook qui étaient des copies conformes du mien : même photo, même nom, même présentation. Il a écrit à l'ensemble de mes amis : «  Salut, t'aurai pas retrouvé ma vidéo porno ? », vidéo qui n'existe bien évidemment pas !

C'est là que tout a commencé, nous étions alors en mars/avril 2011 :

- Le chantage : tu me donnes ta vidéo et j'arrête, fais des photos ou je ruine ta réputation...

- Des comptes à rebours : dans quelques jours tu auras une surprise, J-5… H-3 H-2... Et à la fin du compte à rebours, je recevais des liens vers un blog où il mettait des photos de moi, mon numéro...

- Mais aussi le harcèlement téléphonique qui venait perturber mes journées et mes nuits : au lycée je recevais des appels ou sms tous les jours, il me disait qu'il me voyait, que j'étais habillée de telle ou telle autre manière ; qu'il me voyait aller à tel ou tel autre endroit, qu'il me suivait partout...

- Où encore, mon harceleur me parlait à travers 5 ou 6 comptes Facebook différents, à un moment il était mon ami, puis il m'insultait... 

J'ai rapidement décidé d'en parler à mes parents avec qui nous avons décidé de porter plainte.

Quand nous sommes allés à la gendarmerie pour la première fois, le gendarme qui nous areçu a ri et m'a expliqué que je n'avais qu'à supprimer mon compte Facebook et que la gendarmerie n'avait pas d'argent à dépenser pour ça si je n'étais pas capable de savoir qui me harcelait.

Le harcèlement a continué. J'ai alors décidé de n'en parler à personne. J'avais trop honte, je me sentais coupable.

Le peu de personnes à qui j'osais en parler me sermonnaient et me disaient que peut être je le méritais un petit peu et que si je n'étais pas aussi populaire tout cela ne serait jamais arrivé.

Je faisais alors semblant tous les jours en allant au lycée, je souriais, je faisais comme si de rien n'était mais lorsque je rentrais chez moi, je ne souriais plus, je ne parlais plus, je ne mangeais plus, je pleurais tous les soirs.

Je me sentais tellement seule et en même temps mon harceleur était partout, toujours avec moi. Je ne me sentais en sécurité nulle part. Même être seule dans ma chambre me faisait peur. Chaque notification Facebook me terrorisait, à chaque appel masqué ou numéro inconnu j'avais les larmes aux yeux. J'avais peur de tout, de tout le monde.

Un jour j'ai reçu un sms de sa part : « Je sors du bureau du responsable de la vie collective au lycée, ça s'est mal passé donc je te le dis, ce soir, c'est ta fête, j'ai besoin de me défouler ! » 

Je suis alors sortie immédiatement du cours et j'ai été voir le responsable. Je lui ai expliqué toute la situation. Il m'a expliqué qu'il venait de convoquer un à un les élèves d'une classe dont il m'a montré le trombinoscope. Je ne connaissais qu'une seule personne dans cette classe, un garçon. Je suis alors allée le voir et je lui ai expliqué mon problème. Je lui ai donné le numéro de téléphone de mon harceleur et il a accepté de l'appeler en plein cours pour tenter de le démasquer. Mon harceleur a répondu à l'appel, je savais enfin qui il était.

Je l'ai attendu à la sortie des cours, je lui ai demandé de me donner son portable mais il a refusé. Je l'ai alors appelé directement et son téléphone a sonné. Il s'est mis à trembler, à bafouiller en disant que ce n'était pas lui...

Le soir, je suis donc retournée à la gendarmerie pour porter enfin plainte avec son identité, nous étions au mois de mai. J'ai alors ressenti que le gendarme n'y attachait aucune importance.

En rentrant, j'ai prévenu mon harceleur que j'avais porté plainte contre lui. Il m'a répondu que je n'aurai pas dû faire cela et que ce serait encore pire. Son harcèlement continu encore jusqu'à la fin du mois de juin.

La plainte n'a absolument rien changé, elle n'a eu aucun effet car la gendarmerie n'a mené aucune investigation.

Mon harceleur m'a ensuite dit qu'il me laissait tranquille pour l'été mais qu'il reviendrait et qu'il ne m'oubliait pas.

J'ai appelé sans cesse la gendarmerie au cours de cet été. A chaque fois, ils me donnaient des excuses, ils n'étaient pas disponibles. De tout l'été, ils n'ont ni convoqué ni interrogé mon harceleur.

Puis, arrive le 6 Septembre. Je viens tout juste de déménager à Castres, à 45 km d'Albi mon ancienne ville avec ma meilleure amie. J'allais avoir 18 ans dans deux jours, j'avais un nouvel appartement et je commençais enfin à revivre.

Ce soir-là, dans la nuit, je reçois des dizaines d'appels d'inconnus qui m'insultent en me disant des obscénités.

Je finis par parler avec un homme qui m'explique qu'il a eu mon numéro sur un site internet disant que j'étais ouverte à toutes propositions érotiques voire sexuelles et que j'attendais avec impatience les appels.

Mon harceleur était donc revenu... J'ai alors pleuré toute la nuit. Le cauchemar avait recommencé, il me suivait, même à Castres.

J'ai changé de numéro de téléphone le lendemain et par conséquent je n'ai reçu aucun message pour mon anniversaire. Je passe mes 18 ans seule, déprimée, apeurée et atterrée chez moi.

Je suis ensuite tombée peu à peu en dépression ; j'ai commencé à ne plus aller en cours ; je passais mes journées enfermée chez moi, je regardais des films, je m'occupais l'esprit, je pleurais. Je me suis éloignée petit à petit de tout le monde, de ma famille, de mes amis...

Puis, j'ai commencé à penser au suicide... ça m'obsédait tout le temps, tous les jours dès que j'étais seule je me disais « ça serait tellement plus simple si je mourais. » J'y pensais mais je n'avais pas le courage de passer à l'acte.

Les gendarmes n'avaient toujours pas réussi à l'auditionner mais il avait arrêté de me harceler depuis mon changement de numéro.

Le 10 Décembre 2011, j'étais censée sortir avec mes amis mais la soirée a été annulée au dernier moment. Seule à l'appartement, je décide alors de regarder un film.

Durant la soirée, je reçois un sms d'un numéro inconnu : « Hey, devines qui est de retour ? »

Je me suis alors mise à paniquer, à pleurer, je n'en pouvais plus, il était de retour. Je me disais que tout allait redémarrer et que la plainte n'avait servi à rien.

Je me sentais seule, abandonnée, j'étais fatiguée d'être aussi mal.

J'ai commencé à boire les boissons que j'avais achetées pour la soirée annulée ; je pleurais et sous l'effet de l'alcool, mes idées noires étaient revenues.

Alors que jusque-là je ne buvais pas d'alcool, j'ai pris un verre, puis un autre, puis toute une bouteille, et ensuite une autre. J'ai soudain décidé de prendre tous les médicaments qui se trouvaient chez moi je me suis sentie mal, j'ai pris peur et j'ai appelé les pompiers.

Je me suis ensuite réveillée à l'hôpital ; j'avais les mains attachées, deux personnes me tenaient les jambes. On m'enfonçait un tuyau dans la gorge… Comment ai-je pu en arriver là ?

J'ai passé 3 jours seule dans ma chambre sans visite, télévision ou magazine. On devait m'aider à faire ma toilette, mes besoins… Je me sentais rabaissée et inhumaine.

J'ai caché ma tentative de suicide à mes parents pendant quelques mois.

Aujourd'hui, tout va mieux. Ma famille a été d'un grand soutien. Je vois la vie d'une manière positive mais je reste marquée par cette histoire. C'est pourquoi j'ai choisi de m'engager pour lutter contre le cyber-harcèlement en témoignant et en acceptant d'être la marraine de la campagne du Bureau International Catholique de l'Enfance (BICE), campagne intitulée « Stop au harcèlement sur Internet ». Cette campagne a récolté 10.0000 signatures.

Je ne veux pas faire l'amalgame entre les réseaux sociaux, internet et ce qui m'est arrivé. Le problème c'est l'utilisation de tout cela. Le problème c'est ce sentiment d'insécurité permanent permis par internet et la solitude qui en découle.

Tout va tellement plus vite sur internet. En l'espace de quelques secondes des milliers de personnes peuvent partager ou voir quelque chose de compromettant. On se retrouve prisonnier face à une masse de personnes, pour la plupart des inconnus.

Il n'y a plus de différence entre la vie privée et la vie publique. Le harcèlement est présent n' importe où, avec n'importe qui, n'importe quand.

La différence avec la réalité c'est que personne ne voit la souffrance, les agresseurs se sentent plus fort derrière un écran, ils ne voient pas la souffrance de l'autre.

Malheureusement je ne peux pas encore tourner la page car la procédure judiciaire n'est pas terminée. En effet, entre ma plainte et le début de la procédure judiciaire, plus d'une année s'est écoulée. Puis le premier jugement est intervenu près de deux ans et demi après ce dépôt de plainte, en novembre 2013. Mon harceleur a été condamné à 8 mois de prison avec sursis avec deux ans de mise à l'épreuve, une obligation de soins et 5 000 euros de dommages et intérêts. Suite à ce jugement mon harceleur a décidé de faire appel, je suis depuis dans l'attente de la fin de ce cauchemar.

Aujourd'hui, moi je suis engagée, mais que font les adultes, quels garde-fous mettent-ils en place pour faciliter, sécuriser et protéger l'accès à internet et aux réseaux sociaux pour les enfants ? Avec le développement du cyber-harcèlement et les drames qui s'en suivent quelles actions concrètes les adultes entendent entreprendre pour empêcher de futures tragédies touchant les enfants ?

Présentation de la campagne: "Stop au harcèlement sur internet!

Cité du Vatican, 9 décembre 2014 (VIS). Ce matin en Salle de Presse, le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustia et Pax, a présenté la campagne internationale de mobilisation "Stop au harcèlement sur internet!" dans le contexte du XXV anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant. Ont aussi participé à la conférence: L'Abbé Fortunato Di Noto, président de l'association Meter, Olivier Duval, président du BICE (Bureau international catholique de l'enfance), Lætitia Chanut, victime de cyberharcèlement et témoin de la campagne, et Flaminia Giovanelli, Sous-secrétaire du Conseil pontifical. Cette présentation a souligné que le harcèlement sur internet est une nouvelle forme de violence qui doit être prise en compte et s'est posée la question du temps passé sur internet au détriment des relations familiales. Il faut se demander si la connexion continue dans laquelle vivent les adolescents et les jeunes, dont tout le monde se plaint, n'a pas justement pour origine de ne pas avoir perdu et de ne pas perdre de temps avec eux c'est-à-dire de ne pas avoir pris et de ne pas prendre le temps de les écouter. De nombreuses études sociologiques portent sur les risques que comporte le développement galopant des technologies de l'information et demandent à ce que les parents se fassent médiateurs à l'égard de l'expérience technologique des enfants. D'autres enquêtes révèlent comment les réseaux sociaux peuvent être des lieux de rencontre entre les parents et leurs enfants. On constate ainsi, par exemple, que là où les relations familiales sont positives, les réseaux sociaux permettent plus facilement une cohésion inter et intra-générationnelle, et là où les relations familiales sont rares ou conflictuelles, les réseaux sociaux favorisent plutôt des parcours individualistes mais aussi remplacent les vraies relations. De plus, dans le monde globalisé dans lequel nous vivons, on trouve de plus en plus souvent des familles dont les membres sont éloignés, et on s'aperçoit que les réseaux sociaux deviennent un véhicule important d'information et de maintien des relations familiales. Mais il faut que cette connexion soit accompagnée d'une vraie rencontre. Nous ne pouvons pas vivre seuls, fermés sur nous-mêmes. Face à ces situations, l'Eglise a un rôle à jouer et doit profiter des possibilités qu'offre internet pour évangéliser et apporter une aide spirituelle, et doit s'engager au niveau pastoral dans la formation des familles. Ainsi, le Cardinal Turkson a souligné que le Saint-Siège, par la ratification des traités sur les droits des enfants, exprime sa préoccupation constante pour le bien-être des enfants et des familles, espérant que ces accords puissent garantir la protection des droits et des intérêts des enfants, que Jean-Paul II définissaient comme un trésor précieux donné à chaque génération comme un défi à sa sagesse et son humanité".

سناء الخوري: الصحافة بين المطبوع والرقميّ: الدمج المستحيل؟ :: صوت وصورة | جريدة السفير

سناء الخوري: الصحافة بين المطبوع والرقميّ: الدمج المستحيل؟ :: صوت وصورة | جريدة السفير
سناء الخوري: الصحافة بين المطبوع والرقميّ: الدمج المستحيل؟ :: صوت وصورة | جريدة السفير

إعادة اختراع المهنة، بما يتناسب مع الإمكانيات المتاحة بفضل الويب، تحدٍّ لم يعد بإمكان الصحافة التهرّب منه. تحطيم أسس المهنة بحجّة مواكبة التكنولوجيا، خطر حاضرٌ بقوّة أيضاً، ويهدّد ما بقي من حرفة تراكمت أصولها عبر عشرات السنين. وبين هذا وذاك، يبدو أنّ المرحلة الانتقاليّة من الصحافة كما نعرفها، إلى نمط عمل آخر لم يرتسم بوضوح بعد، ستكون صعبة. وبدأت تلك المعضلة تتخذ شكلاً أكثر إلحاحاً، بفعل بعض سياسات الدمج الفاشلة، بين المطبوع والالكتروني.
قبل أيّام، استقال رئيس تحرير «شبيغل» الألمانيّة ولفغانغ بوشنر، بعد 15 شهراً فقط من تولّيه مهمّة الدمج بين غرفتي تحرير الورقي والالكتروني، وتبعه أوفي ساف، رئيس المؤسسة الإعلاميّة العريقة الذي دعم بشكل قوي مشروع الدمج، بحسب صحيفة «ليبراسيون» الفرنسيّة. على الجانب الآخر من الأطلسي، ينشغل الوسط الإعلامي في واشنطن منذ يومين، بالاستقالة الجماعيّة لعدد كبير من محرّري وكتاب مجلّة «ذا نيو ريبابليك» العريقة، بسبب مخطّطات مالكها كريس هيوز (31 عاماً)، لتحويلها إلى «شركة إعلام رقمية مندمجة عمودياً». ما الذي يعنيه ذلك؟ سؤال طرحه صحافيون كثر في مقالات نشرت بين «نيويورك تايمز»، و»فايننشل تايمز»، و»فوكس نيوز»، من دون إيجاد إجابة واضحة حول ماهيّة تلك «الشركة الرقميّة المندمجة عمودياً»... الأكيد أنّ الفكرة لم تعجب فريق التحرير، فاستقال معظم أفراده خلال فترة لم تتجاوز 24 ساعة، بدءاً من رئيس التحرير فرانكلين فووير، والناقد الأدبي ليون وايزلتييه، ما أدّى إلى إعلان المجلّة تأجيل صدورها إلى شباط/ فبراير القادم.

متعجرفو«سيليكون فالي»
حظيت قضيّة الاستقالة الجماعيّة من المجلّة الأميركيّة بنصيب واسع من السجال الإعلامي، لرمزيّة الصدام بين عقليّتين مختلفتين في مقاربة مستقبل الصحافة. صدامٌ وصفته بعض الصحف «بالدمج الصعب/المستحيل بين سيليكون فالي والإعلام». فكريس هيوز هو أحد الشركاء في تأسيس «فايسبوك»، وكان شريك مارك زوكربرغ في سكن جامعة هارفارد، كما قاد الحملة الانتخابيّة لباراك أوباما على مواقع التواصل في العام 2008. وكغيره من المستثمرين (بيار أوميديار، جف بيزوس)، يبدو أنّ هيوز يعاني من «فيتيش» تثوير الصحافة. وحين اشترى «ذا نيو ريبابليك» في العام 2012، تمّ التعاطي معه كمنقذ للمجلّة الشهريّة التي تحتفل هذا العام بمرور قرن على إصدارها. لكنّ «شهر العسل لم يدم طويلاً»، كما يقال، وبدأت خطط هيوز تزعج المحرّرين، خصوصاً بعدما عيّن الإداري السابق في «ياهو» غي فيدرا، مديراً تنفيذياً للمؤسسة، ثمّ استقدم الصحافي في «بلومبرغ» غبريال سنادير لقيادة خطّة الدمج القائمة أولاً على خفض الأعداد السنويّة إلى عشرة، ونقل المكاتب من واشنطن إلى نيويورك.
ونقلت مواقع عدة عن صفحة «فايسبوك» الشخصيّة لمديرة تحرير المجلّة المستقيلة جوليا ايوف قولها إنّ «من يديرون المجلّة الآن، سيجعلون الأمر يبدو وكأنّ المستقيلين ديناصورات تخاف من الانترنت، وتظنّ «بازفيد» إهانة». وذلك ما شدّد عليه بيان صادر عن 19 صحافياً من المستقيلين جاء فيه: «ذا نيو ريبابليك» «لا يمكن أن تكون مجرّد علامة تجاريّة»، وهي لم تكن ولا يمكنها أن تكون «شركة إعلاميّة» تسوّق لـ»مضمون». مقالاتها النقديّة وتحقيقاتها والقصائد المنشورة فيها ليست «منتجاً» (...) وخلال قرن من الزمن، اجتازت بنجاح تحوّلات عدة طرأت على «المشهد الإعلامي»، استثمرتها لجعل عملها أكثر قيمة، وليس عملاً عفا عليه الزمن».
من جهته، نشر هيوز مقالاً في «ذا واشنطن بوست»، عبّر فيه عن أسفه لما آلت إليه الأمور، وكتب: «جئت إلى المجلّة لكي أحمي مستقبلها من خلال خلق «بزنس» مستدام». وأضاف: «التقنيات الجديدة والناشئة تثيرني، لكنّي مقتنع بأنّها لا تجعل حياتنا ومؤسساتنا أفضل بالضرورة».
انقسم صانعو المهنة بين طرفي الأزمة. موقع «ذا دايلي بيست» خصّص مقالاً للسخرية من عجرفة هيوز وقلّة خبرته. وشبّهه كاتب المقال بالأمير جوفري بطل مسلسل «لعبة العروش»، متهماً شركاءه الجدد بالجهل بأبسط قواعد المهنة، وحتى طريقة لفظ أسماء الصحافيين المستقيلين. كما اتهمه «بتدمير» مجلّة عمرها 100 عام، كان لها أثر كبير في صناعة الثقافة السياسيّة والفنيّة لجيل كامل من القراء في العاصمة الأميركيّة.
في المقابل، كتب عزرا كلاين مؤسس موقع «فوكس نيوز» أنّ ما تمثّله المجلّة، وغيرها من المطبوعات المماثلة، مات منذ زمن، قبل شراء هيوز لها. وكتب مدوّنون أنّ محاولة إنقاذ المؤسسة عبر البحث عن نموذج اقتصادي ناجح، ليس أمراً مسيئاً لإرثها بالضرورة.


أزمة عالميّة
تذكّر الاستقالة الجماعيّة من «ذا نيو ريبابليك»، بأزمة صحيفة «ليبراسيون» الفرنسيّة في شباط/ فبراير الماضي، حين أعلن فريق التحرير الإضراب العام، احتجاجاً على سياسة المالكين لاستثمار «ماركة» الجريدة، في مساحات خارج الصحافة، قيل يومها إنّها قد تشمل مطعماً وفضاءً ثقافياً وشبكة تواصل اجتماعي. على أثر تلك الأزمة، استقال مدير تحرير الجريدة فابريس روسولو، من دون أن تُحلّ الأزمة الناتجة من خطط الدمج بين الويب والورقي، وما خلّفته من خلل في دورة العمل. وفي أيّار/ مايو 2014، استقالت أوّل امرأة تتولّى إدارة صحيفة «لو موند» الفرنسيّة، ناتالي نوغايريد، بعد رفض فريق التحرير خطّتها للدمج.
ذلك في المطبوع، أمّا في الرقمي، فالأمر مبهم أيضاً، إذ استقال الصحافي مات تايبي من مؤسسة «فيرست لوك ميديا» قبل إطلاق المجلّة التي كان يسعى لإرساء فريقها، بسبب خلافات في إدارة العمل، بينه وبين فريق مالك المؤسسة بيار أوميديار.
في المقابل، تعبر مؤسسات إعلاميّة عريقة بكلّ سلاسة مرحلة الدمج تلك، وفي مقدّمها صحيفة «ذا واشنطن بوست» الأميركيّة التي استحوذ عليها رجل الأعمال جف بيزوس العام الماضي. إذ إنّ عمل الصحيفة لا يزال متواصلاً بشكل طبيعي، على المنصّات كافة، من دون خضّات تستدعي الجدل. من الأمثلة الناجحة أيضاً، «ذا غارديان» البريطانيّة التي يعدّ موقعها بين أوّل خمسة مواقع إخباريّة تصفحاً في العالم، إلى جانب نجاحها بتحقيق المزيد من الأرباح بفضل المنصات الرقميّة، من دون أن تقدّم تنازلات على صعيد الأخلاق المهنيّة، أو رصانة المضمون الصحافي. إلى جانب ذلك، يقدّم موقع «فوكس نيوز» الإخباري الناشئ، نموذجاً عن الصحافة الرقميّة الناجحة، إذ قدّرت قيمته مؤخراً بنحو 380 مليون دولار، وهو مبلغ أكبر من الـ250 مليون دولار التي أعلن أوميديار نيّته استثمارها في «فيرست لوك»، والتي دفعها بيزوس لشراء «ذا واشنطن بوست» العريقة...
بالرغم من انّنا أمام ظاهرة عالميّة بدأت إرهاصاتها تصل إلى العالم العربي، إلا أنّ استنتاج الخلاصات العامّة منها سيكون أمراً متهوّراً. الأكيد أنّنا أمام أفول عصر وولادة عصر آخر، ولكلّ منهما لغته ومنطقه ومفاهيمه. فمن جهة، لا يمكن لكلّ الصحف تبنّي نموذج «بازفيد»، «غول النقرات»، وما يتبع ذلك من إطاحة خبرات وممارسات مهنيّة تراكمت على مرّ سنوات. كما أنّ مواكبة «التطوّر»، لا تعني بالضرورة خسارة المصداقيّة والدقّة، عبر اللجوء إلى الاستسهال والابتذال في اختيار العناوين، أو تحويل الجرائد إلى آلة لنشر الشائعات. في المقابل، يرى منظّرون وأكاديميون أنّ الانترنت قادر على منح حياة أخرى لمهنة الصحافة، عوضاً عن تدميرها، وذلك لناحية استثمار المساحة المتاحة على المواقع في نشر خرائط، وقواعد بيانات، وأشرطة فيديو وصور، تجعل المادّة المكتوبة أكثر إمتاعاً وجدارة بالقراءة. المفتاح لكلّ ذلك فرق صحافيّة قادرة على تقديم مضمون مهنيّ يليق بعقول القراء، مهما كانت المنصّة.



Envoyé de mon Ipad 

Musulmans et Chrétiens appellent à combattre l'islamisme par l'éducation | i24news - Voir plus loin

Musulmans et Chrétiens appellent à combattre l'islamisme par l'éducation | i24news - Voir plus loin
Saint Pierre de Rome au Vatican le 27 juillet 2014 ( afp )

Le prince Hassan de Jordanie a demandé le respect du "principe de la non-coercition en matière religieuse"

Quatre hauts responsables catholique, anglican, chiite et sunnite ont appelé jeudi à combattre l'islamisme et le fondamentalisme par l'éducation et une coopération entre ONG chrétiennes et musulmanes sur les terrains de crise.

Ils ont signé à Rome "un appel à l'action", à l'issue d'un "sommet chrétiens-musulmans" organisé par le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux. Les trois autres signataires étaient le prince de Jordanie Hassan Ben Talal, promoteur du dialogue entre l'islam et le christianisme, Sayyed Mostafa Mohaghegh Damad, ayatollah de l'université Behashti de Téhéran, et John Bryson Chane, révérend épiscopalien.

Ils avaient été reçus mercredi par le pape François qui a lancé dimanche un appel à "tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux, universitaires" à "se prononcer clairement" contre la violence des djihadistes. "Le devoir fondamental des responsables religieux est de faire disparaître ces visages hideux" donnés aux religions par des organisations comme l'Etat islamique (EI), Al-Qaïda et d'autres groupes similaires, a dit l'ayatollah Damad.

Le prince Hassan a demandé le respect du "principe de la non-coercition en matière religieuse" et a suggéré de créer "une structure" commune permettant "l'expression de désaccords civilisés".

L'éducation inter-religieuse des jeunes, les visites conjointes de haut niveau dans les zones de conflit, la construction d'un réseau de coopération institutionnelle entre ONG chrétiennes et musulmanes sont les trois domaines que les responsables religieux ont déclaré vouloir développer face à la violence fondamentaliste.
Deux autres sommets de la même configuration se sont déjà tenus à Washington et Beyrouth, et un quatrième est prévu à Téhéran en 2015 ou 2016.

Interrogé par l'AFP, Mgr Tauran s'est félicité de la "mobilisation" croissante des musulmans "contre ce qui n'est pas seulement du fanatisme mais de la barbarie". "Nous avons fait tout ce qu'il fallait pour les sensibiliser", a-t-il observé. "Nous devons être tous croyants et citoyens, et non pas croyants ou citoyens".

Mardi, le cheikh Ahmed al-Tayeb, de la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, avait condamné le "faux islam" de l'EI. Pointant la responsabilité de l'Occident dans la déstabilisation du Moyen-Orient, il avait reconnu la "propre responsabilité" des musulmans "dans l'apparition de l'extrémisme".

(AFP)





Envoyé de mon Ipad 

À Al Azhar, les musulmans affichent leur unité contre l’extrémisme | La-Croix.com

À Al Azhar, les musulmans affichent leur unité contre l'extrémisme | La-Croix.com
À Al Azhar, les musulmans affichent leur unité contre l'extrémisme

La plus prestigieuse institution du monde sunnite a réuni, jusqu'au mercredi 3 décembre musulmans – sunnites et chiites – et chrétiens pour dénoncer « l'extrémisme et le terrorisme ».

Malgré la difficulté de certains musulmans à établir un lien entre leur religion et les exactions commises par l'État islamique, plusieurs participants ont vu là un premier pas.

Maisons brûlées, familles chassées de chez elle « avec une cruauté inédite »… Depuis les violences commises cet été en Irak par Daech (acronyme arabe pour L'État islamique) notamment contre les yézidis, les chrétiens ou les kakaïs, Ahmed al Tayeb, le grand imam d'Al Azhar, principale institution de l'islam sunnite, ne cesse de s'interroger : « Pourquoi cette fitna (division) aveugle, qui a l'odeur du sang, de l'explosion ? » 

« Des crimes qui n'ont rien à voir avec notre religion »

Devant des dizaines de savants musulmans du monde entier, de responsables chrétiens du Proche-Orient, et devant surtout les centaines de prédicateurs « azharistes » (formés à Al Azhar), reconnaissables à leurs tarbouches rouges cerclés de blanc, conviés eux aussi à cette « Conférence contre l'extrémisme et le terrorisme », la plus haute autorité du monde sunnite n'a pas hésité à qualifier de « crimes barbares » les exactions de Daech.

Comme plusieurs des intervenants qui lui ont succédé à la tribune, hier et avant-hier, Ahmed al Tayeb l'assure : ces crimes « n'ont rien à voir avec notre religion ». Cette « image sanglante et fausse, injuste, de notre religion » est « importée depuis l'extérieur »… assure-t-il.

Mais après la traditionnelle dénonciation du « complot des puissances occidentales » dans la région, suit une invite au ton bien différent : le grand imam appelle ses coreligionnaires à « ne pas négliger (leur) responsabilité dans ce terrorisme ». « Certains ont poussé nos jeunes à adopter une pensée de subversion et de blasphème. Les djihadistes, et d'autres, les poussent à quitter leur patrie » pour gagner la Syrie où « ils tuent comme ils veulent ».

Difficulté à analyser le phénomène du djihadisme

Trois jours à peine après l'appel du pape François, lancé depuis la Turquie aux responsables musulmans à « se prononcer clairement et à condamner cette violence qui nuit à l'islam », plusieurs dizaines d'entre eux venus de 120 pays – du Maroc à l'Indonésie, en passant par le Nigeria, le Liban, le Koweït ou l'Inde – ont planché, à l'invitation d'Al Azhar, sur « l'extrémisme », « la citoyenneté » et « le vivre-ensemble ». 

La présence, à la tribune, de savants chiites venus du Liban et même d'Iran, mais aussi de représentants des diverses Églises chrétiennes orientales était, en soi, inédite. « Nous voulions mettre sur la table trois problèmes : le terrorisme et le fondamentalisme, les mauvaises relations avec les chrétiens, et le conflit entre sunnites et chiites », explique Ridwan al-Sayyid, professeur de sciences islamiques à l'université libanaise, qui a participé à l'organisation. « En tant que musulmans et responsables d'institutions religieuses, que pouvons-nous faire pour contrer cette hérésie au sein de notre religion : voilà la question. » Dans un monde musulman particulièrement éclaté au plan religieux comme géopolitique, les interventions ont montré la difficulté qu'ont encore nombre de ses membres à analyser ce phénomène du « djihadisme » : certains en rejettent la responsabilité sur « le despotisme, l'absence de justice sociale », d'autres sur « l'Occident » accusé de financer ces groupes…

Profondes divisions entre chiites et sunnites

 « Il n'y a pas de terrorisme dans l'islam, il n'y a qu'une mauvaise interprétation des textes », assure Abdallah El Najjar, professeur de charia et de droit à Al Azhar. D'autres prises de parole – comme celle du mufti (sunnite) d'Irak – ont également rappelé la profondeur des divisions entre sunnites et chiites : si terrorisme il y a, explique-t-il en substance, c'est celui « de ces 32 milices (chiites) malhonnêtes qui brûlent mosquées et habitations » quand les sunnites, eux, « n'agressent personne »

Habitués à ces éclats, les responsables chrétiens ont assisté plus que réellement participé aux débats, rappelant leur bonne volonté pour – selon la formule de Mgr Paul Matar, archevêque maronite de Beyrouth – « faire parvenir le message » d'Al Azhar « partout dans le monde ». Les critiques les plus vives sont finalement venues d'un ouléma du Kurdistan, Abdulla Waise, qui s'est insurgé contre le « silence » de nombreuses « institutions religieuses » musulmanes « après les massacres commis par l'État islamique et l'afflux de 2 millions de réfugiés au Kurdistan ». « Pourquoi ne disent-elles rien ? » 

 « Chasser les chrétiens de leurs demeures est un crime«  

Préparée par l'entourage du grand imam Al Tayeb, la déclaration finale a eu le mérite de la clarté : « Les attaques contre les personnes, les lieux saints sont condamnées par l'islam ; la division des patries, l'effondrement des pays aboutissent à une vision déformée de l'islam, à des crimes contraires à la religion », rappelle-t-elle en préambule. La déclaration poursuit par un appel en direction des chrétiens. « Chasser les chrétiens de leurs demeures est un crime. Nous les appelons à rester dans leur patrie pour chasser ensemble cet extrémisme. Nous rejetons la solution de l'immigration qui réalise finalement les objectifs des agresseurs et déchire nos sociétés civiles ». 

 « Je considère cette réunion comme une première initiative très positive », a précisé le patriarche copte catholique Ibrahim Sidrak. Pour les acteurs de terrain, le plus urgent est désormais de bâtir un plan d'actions concret dans les domaines de « la culture », des « médias » et surtout de « l'éducation ».

Un prochain texte devrait suivre, préparé au sein de la Maison de la famille égyptienne, sur « le dialogue islamo-chrétien », le conflit entre sunnites et chiites et le moyen de prévenir l'extrémisme.



Envoyé de mon Ipad 

Le chef de l’université Al-Azhar condamne la « barbarie » de l’État islamique | La-Croix.com

Le chef de l'université Al-Azhar condamne la « barbarie » de l'État islamique | La-Croix.com


Le cheikh Ahmed al-Tayeb de l'université Al-Azhar, au Caire (Egypte) (à droite, aux côtés du patriarche copte orthodoxe Tawadros), a condamné mercredi 3 décembre les « crimes barbares » commis par l'Etat islamique en Irak et en Syrie.

Le cheikh d'Al-Azhar au Caire, l'une des plus prestigieuses institutions de l'islam sunnite, a condamné mercredi 3 décembre les « crimes barbares » commis par l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie, lors d'une conférence internationale.

Les groupes armés commettent « des crimes barbares en revêtant les habits de cette religion sacrée et se sont donnés pour nom "État islamique" dans une tentative d'exporter leur faux islam », a déclaré cheikh Ahmed al-Tayeb, à l'ouverture d'une conférence rassemblant des dignitaires religieux d'une vingtaine de pays, dont l'Arabie saoudite, l'Iran et le Maroc. « Je me demande (…) jour et nuit les raisons de cette sédition aveugle et de ce malheur arabe, entaché par le sang », a-t-il martelé.

Il a fait porter à l'Occident une part de responsabilité, citant en exemple l'Irak qui « onze ans après son invasion (par les États-Unis) est livré à des milices rivales, ce qui a conduit à des bains de sang », ajoutant que la situation était similaire en Syrie.

« Combattre les pays qui soutiennent le terrorisme financièrement et militairement »

Il a également appelé la coalition antidjihadiste conduite par les États-Unis à « combattre aussi les pays qui soutiennent le terrorisme financièrement et militairement ». Le cheikh a cependant reconnu qu'il ne fallait pas ignorer « notre propre responsabilité dans l'apparition de l'extrémisme qui a donné naissance à des organisations comme Al-Qaïda et à d'autres groupes armés ».

Dimanche 30 novembre, le pape François avait lancé un appel à tous les dirigeants musulmans de clairement condamner le terrorisme islamiste, après avoir pris en Turquie une défense vigoureuse des chrétiens d'Orient, menacés par les djihadistes en Irak et en Syrie.

L'« Etat islamique », aussi connu sous son acronyme arabe Daech, s'est emparé de pans entiers de l'Irak à la faveur d'une offensive fulgurante lancée début juin, après avoir pris le contrôle de vastes territoires en Syrie.



Envoyé de mon Ipad 

Le zajal, poésie déclamée du Liban, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco - L'Orient-Le Jour

Le zajal, poésie déclamée du Liban, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco - L'Orient-Le Jour

Le zajal, poésie déclamée du Liban, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco

L'Unesco a annoncé jeudi avoir inscrit sur la liste du patrimoine culturel de l'humanité la poésie déclamée ou chantée du zajal au Liban, tradition unique dans la région du Moyen-Orient. "C'est la première fois que le Liban présente une candidature pour figurer sur la liste du patrimoine immatériel" de l'Unesco, a déclaré à l'AFP Milia Jabbour, délégué permanent adjoint de son pays auprès de l'Unesco.


Le zajal est une forme de poésie populaire libanaise déclamée ou chantée lors de célébrations sociales et familiales et au quotidien. Lors des joutes poétiques, les troupes de poètes récitent des couplets, souvent sous la forme de défis au rythme du tambourin et de la derbouka.

Parmi ceux qui ont laissé leur empreinte dans le monde de cet art traditionnel libanais, nous citons le poète Emile Noun, le célèbre Zaghloul el-Damour et ses compagnons, et le chorégraphe et poète Alain Merheb qui était un fin connaisseur en matière de zajal.


"Les joutes poétiques servent de soupape de sécurité et aident à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale", a estimé l'Unesco. "Cette tradition est unique parmi les pays du Proche-Orient, elle est partagée par la ville et la campagne, et se transmet de génération en génération", a souligné Milia Jabbour. Elle a indiqué que le Liban pourrait présenter à l'avenir une candidature conjointe avec d'autres pays voisins pour la dabké, la danse traditionnelle de la région.

Zajal entre Fayrouz et Nasri Chamseddine

Zajal entre Wadih el-Safi et le célèbre Zaghloul el-Damour et ses compagnons


Une autre danse du Moyen-Orient, Al-Ayyala, dont la candidature conjointe avait été présentée par les Emirats Arabes Unis et le sultanat d'Oman, a également été inscrite jeudi sur la liste prestigieuse.
Al-Ayyala mêle la poésie chantée, la musique des tambours et la danse, et simule une bataille, deux rangées d'hommes se faisant face en tenant de minces cannes en bambou qui symbolisent des lances ou des épées. "Nous espérons que l'inscription d'Al-Ayyala sur la liste encouragera son développement, surtout auprès des jeunes générations", a déclaré à l'AFP Samira Al-Moussa, ambassadrice du sultanat d'Oman auprès de l'Unesco.


Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba en Algérie, qui constituent selon l'Unesco une expression de l'identité culturelle des Touaregs qui vivent dans le Sahara algérien, ont été également inscrits sur la liste.
La candidature du Maroc pour les pratiques et le savoir-faire liés à l'arganier a également été retenue.

Le comité de l'Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel devait achever vendredi une réunion de cinq jours à Paris au cours de laquelle il a examiné une quarantaine de candidatures pour l'inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Depuis 2003, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) établit une liste de ces traditions, parfois menacées de dégradation ou de disparition, distincte de celle des sites naturels ou culturels.

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Envoyé de mon Ipad 

Soixante-six journalistes ont perdu la vie en exerçant leur métier en 2011, rapporte l'association Reporters sans frontières dans son rapport annuel.

Soixante-six journalistes ont perdu la vie en exerçant leur métier en 2011, rapporte l'association Reporters sans frontières dans son rapport annuel.

L'année 2011 a été particulièrement cruelle pour les journalistes: révoltes arabes, mouvements des indignés, tsunami, inondations,catastrophe de Fukushima… Les professionnels de l'information ont payé lourdement leur tribut à l'actualité. 66 d'entre eux sont morts à cause de leur métier en 2011, écrit Reporters sans frontières, ce qui représente une augmentation de 16% par rapport à 2010. Rien qu'au Moyen-Orient, ce sont 20 journalistes qui ont perdu la vie.
Le lieu le plus dangereux cette année a été la place Tahrir au Caire. Plus de 200 actes de violence y ont visé des journalistes. Les femmes ont particulièrement souffert, avec plusieurs cas de viols et d'agressions sexuelles. De manière générale, toutes les contestations dans les pays arabes ont donné lieu à des violences contre les professionnels de l'information. En Syrie, tous les journalistes étrangers ont été expulsés, forçant les internautes à reprendre le flambeau de la diffusion d'information à leurs risques et périls: «Beaucoup d'entre eux ont été victimes d'enlèvements, de tortures, de violences», rappelle l'association.
RSF dénonce aussi le silence des Occidentaux: «Bahrein est un exemple de censure de l'information qui a réussi grâce à la complicité de la communauté internationale, qui n'a rien dit». «Un blogueur arrêté par un tribunal militaire est toujours en prison. Un dirigeant de journal et un internaute ont payé la censure de leur vies», alors que le gouvernement réprimait sévèrement les manifestations.

Les internautes, nouvelles victimes de la liberté de l'information

Les internautes ont été particulièrement visés par les violences cette année ; souligne l'association. 199 ont été arrêtés, 62 ont été victimes de violence, 5 ont été tués. Deux d'entre eux ont été tués au Caire, les trois autres au Mexique, où la guerre entre cartels de la drogue et forces gouvernementales fait des ravages.
Le pays le plus dangereux pour les journalistes reste pour la seconde année consécutive le Pakistan, où 10 journalistes ont trouvé la mort, assassinés, en 2011, le dernier en date le 5 novembre.
Le rapport de Reporters sans frontières montre une tendance générale inquiétante en ce qui concerne la liberté de la presse. Après une période de baisse sensible à la fin de années 90 (23 morts en 1998), les violences contre les journalistes ont augmenté fortement depuis 2004, avec un nombre de morts supérieur à 50 chaque année.
Révoltes dans le monde arabe


http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/22/01003-20111222ARTFIG00291-les-revoltes-arabes-mortelles-pour-les-journalistes.php

Églises et mosquées, clochers et minarets

Églises et mosquées, clochers et minarets

Maurice Borrmans, 22/11/2011
La querelle engendrée par le referendum suisse du 29 novembre 2009 et son refus final de voir des minarets rendre l’islam trop visible dans l’espace helvétique n’est pas sans poser bien des questions aux opinions publiques européennes et aux responsables civils et religieux des pays occidentaux. Pour ce faire, il nous faut raison garder et surtout bien distinguer les choses : autant églises et mosquées sont requises pour que chrétiens et musulmans y puissent prier selon leurs rites propres et dans la dignité de leur foi, autant clochers et minarets s’avèrent être des éléments architecturaux secondaires dont il convient d’apprécier exactement la nécessité et l’importance. Jean Paul II, lors de sa visite historique à la Mosquée des Omeyyades de Damas, le 6 mai 2001, y a déclaré que « les lieux de prière chers aux musulmans comme aux chrétiens sont comme des oasis où les hommes vont à la rencontre de Dieu Miséricordieux le long du chemin pour la vie éternelle et de leurs frères et sœurs unis par le lien de la religion ». Telle est bien la fonction éminemment religieuse des églises et des mosquées, ainsi que des synagogues. Et c’est bien pourquoi, en 2005, le cardinal Angelo Scola, patriarche de Venise, a voulu intitulé Oasis sa revue interreligieuse et multilingue, bi-annuelle, qui s’efforce de réunir, en sa rédaction, responsables chrétiens et penseurs musulmans.
Lieux de culte, lieux de prière, lieux sacrés
Eglises et temples permettent partout aux catholiques et aux orthodoxes, ainsi qu’aux protestants et aux luthériens de se rassembler pour l’eucharistie ou la sainte cène, chaque jour et/ou le dimanche, tout comme il leur est possible de vivre des moments importants de leur culte en des chapelles particulières ou en des lieux plus discrets. Il est certain que cathédrales, basiliques et églises s’inscrivent dans le paysage architectural des villes et des villages d’Europe depuis des siècles, y manifestant ainsi l’importance du patrimoine chrétien pour celle-ci. Les mosquées médiévales ou maghrébines à nombreuses nefs collatérales, prolongeant parfois une vaste cour dont les côtés abritent un cloître continu, s’inscrivent volontiers dans le monde arabe, alors que les mosquées à grande coupole centrale, à l’imitation de l’ancienne église Sainte Sophie de Constantinople, manifestent partout l’influence de l’architecture ottomane dans le monde turc et une partie du Moyen-Orient.
Églises et mosquées se présentent néanmoins partout en des formes très variées, car « les lieux de prière » des chrétiens et des musulmans correspondent à des édifices très diversifiés en fonction de leur liturgie quotidienne ou hebdomadaire, d’autant plus que le dimanche est central pour les premiers puisqu’ils y célèbrent la résurrection de Jésus Christ, leur Seigneur et Sauveur, tandis que le vendredi voit les musulmans rassemblés en leurs mosquées pour la prière du milieu du jour qu’enrichit une double homélie de leur imâm-prédicateur. Certes, les catholiques peuvent se retrouver pour prier les « heures » (laudes et vêpres surtout) en tous lieux, privés ou publics, et pour célébrer l’eucharistie en tout endroit, privé ou public, dont la décence et le recueillement s’avèrent adaptés à sa célébration.
Il n’empêche que l’église dite paroissiale est d’ordinaire le lieu sociologiquement privilégié et architecturalement visible où la communauté chrétienne se retrouve pour prier les « heures » et célébrer l’eucharistie, d’autant plus qu’elle y garde le « saint sacrement » à la disposition de tous pour l’adoration et la communion. L’eau bénite, disponible pour tous, à son entrée, y rappelle que c’est un lieu sacré où d’ordinaire se réalise l’initiation chrétienne grâce au baptême, qui y est témoin de l’entrée dans la communauté. C’est pourquoi le baptistère y est toujours un élément essentiel de son architecture.
Mosquées de proximité et mosquées cathédrales
Les mosquées sont habituellement accompagnées, à leur entrée, de salles d’ablution où les croyants, hommes et femmes en salles séparées, font leurs purifications mineures (lavement des pieds, des mains et du visage) : c’est pourquoi on y entre pieds nus et on y marche sur des tapis, après avoir laissé les chaussures à l’entrée, car tout doit y demeurer propre. Le musulman y accomplit sa prière, orienté vers La Mecque que lui désigne la petite abside appelée mihrâb, auprès de laquelle se trouve d’ordinaire la chaire à prêcher (minbar) du vendredi. Telle est la structure de toute mosquée, et les salles de prière doivent s’y conformer lorsqu’il s’agit d’adapter à cet usage des locaux édifiés pour d’autres buts.
En outre, au cœur même de la cité, si les chrétiens disposent, en sus des églises paroissiales, d’une grandiose cathédrale, de même les musulmans voient s’élever, au centre de leur cité traditionnelle qui dispose de nombreuses « mosquées de proximité », une « mosquée cathédrale (jâmi‘) » appelée à rassembler le peuple lors des grandes fêtes de l’année (« petite fête » de la fin de ramadân, « grande fête » du pèlerinage à La Mecque).Tout comme il y a mille manières d’aménager et d’orner les lieux chrétiens de la liturgie eucharistique et de la psalmodie des « heures », de même en est-il pour les lieux musulmans de prière, bien que l’esthétique y soit conçue très différemment chez les uns et les autres. Si les catholiques privilégient tableaux et statues comme autant de « signes » à méditer, les musulmans ne connaissent que les jeux de la calligraphie qui exaltent les versets coraniques. Qu’en est-il alors de la prière musulmane, appelée salât, laquelle est toujours la même en ses gestes et ses formules, répétant plusieurs unités (rak‘a-s), suivant l’importance relative de chacune des cinq prières prescrites pour chaque jour, quand il s’agit du musulman pratiquant. D’ordinaire, cette prière demande cinq ou dix minutes et peut se réaliser sous forme individuelle en quelque lieu que ce soit et se prolonger par la récitation de quelques versets coraniques.
Il faut donc distinguer les lieux de prière temporaires, dûs à l’initiative privée, les salles de prière (musallâ-s) permanentes (parfois liées à un « centre culturel islamique » doté d’une école coranique et de services sociaux) et les mosquées (masjid-s) construites en tant que telles. D’ordinaire les statistiques officielles ne prennent en compte que ces deux derniers types de lieux de prière, comme le fait l’ensemble des études récentes publiées par Stefano Allievi, Mosques in Europe, Why a solution has become a problem ? A bien interpréter les résultats des enquêtes rassemblées dans cet ouvrage, on aboutit à des constatations inattendues, qui peuvent être considérées comme rassurantes
En effet, selon cet ouvrage, la situation se présente globalement comme suit dans les principaux pays d’Europe occidentale.
  • L’Allemagne (81.900.000 hab.) compte 3.400.000 musulmans, soit 4 % de sa population, avec 2.600 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.269 musulmans.
  • La France (65.400.000 hab.) compte 4.200.000 musulmans, soit 6,5 % de sa population, avec 2.100 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.571 musulmans. 
  • La Grande Bretagne (61.800.000 hab.) compte 2.400.000 musulmans, soit 3,9 % de sa population, avec 1.500 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.600 musulmans.
  • L’Italie (60.200.000 hab.) compte 1.300.000 musulmans, soit 2,2 % de sa population, avec 764 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.702 musulmans.
  • L’Espagne (46.200.000 hab.) compte 1.000.000 musulmans, soit 2 % de sa population, avec 668 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.347 musulmans. 
    • L’annexe qui suit le présent article fournit les statistiques correspondantes pour les autres pays de l’Union européenne.
    Annexe

    • Les Pays Bas (16.500.000 hab.) compte 1.000.000 musulmans, soit 6,1 % de sa population, avec 432 lieux de culte islamiques, soit un pour 2.315 musulmans.
    • La Grèce (11.200.000 hab.) compte 300.000 musulmans, soit 2,2 % de sa population, avec 400 lieux de culte islamiques, soit un pour 625 musulmans.
    • Le Portugal (10.700.000 hab.) compte 40.000 musulmans, soit 0,4 % de sa population, avec 33 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.212 musulmans.
    • La Belgique (10.600.000 hab.) compte 500.000 musulmans, soit 4,2 % de sa population, avec 330 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.364 musulmans.
    • La Suède (9.400.000 hab.) compte 400.000 musulmans, soit 4,2 % de sa population, avec 50 lieux de culte islamiques, soit un pour 8.000 musulmans.
    • L’Autriche (8.400.000 hab.) compte 300.000 musulmans, soit 3,6 % de sa population, avec 200 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.500 musulmans.
    • La Suisse (7.300.000 hab.) compte 400.000 musulmans, soit 5,4 % de sa population, avec 100 lieux de culte islamiques, soit un pour 4.000 musulmans.
    • Le Danemark (5.500.000 hab.) compte 190.000 musulmans, soit 3,5 % de sa population, avec 115 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.652 musulmans.
    • La Finlande (5.400.000 hab.) compte 40.000 musulmans, soit 0,7 % de sa population, avec 40 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.143 musulmans.
    • La Norvège (4.900.000 hab.) compte 120.000 musulmans, soit 2,5 % de sa population, avec 120 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.000 musulmans.
    • Bosnie-Herzégovine (3.800.000 hab.), elle compte 1.500.000 musulmans, soit 40 % de sa population, avec 1.867 lieux de culte islamiques, soit un pour 803 musulmans.

  • Au total, on compterait 16.790.000 musulmans en Europe, avec 10.989 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.528 musulmans.
  • A titre de comparaison, signalons qu’aux Etats-Unis (310.000.000 hab.), il y a entre 5 ou 6 millions de musulmans, avec 1.643 lieux de culte islamiques, soit un pour 3.348 musulmans,
  • et qu’au Maroc, pays islamique (31.600.000 hab.), il y a 19.205 lieux de culte islamiques, soit un pour 1.645.
Les lieux de culte « discrets » sont donc une chose, et les mosquées « visibles » dans le paysage en sont une autre. N’en est-il pas de même pour les lieux de culte catholiques dont l’édification a été autorisée dans les pays du Golfe, du Kuwayt à l’Oman ? 
Il s’agit de grands immeubles sans clocher particulier ni signe distinctif extérieur où se rassemblent les chrétiens pour l’eucharistie et les autres formes de prière liturgique : nulle manifestation extérieure n’y est envisagée, mais de vastes espaces privés y sont entourés d’un mur de clôture pour les rassemblements et les manifestations à l’air libre et à l’usage interne.
Seules les mosquées édifiées comme telles, avec minaret sur rue, dans les grandes villes d’Europe occidentale, témoignent d’une visibilité recherchée dans le paysage architectural. Selon les conditions administratives de chaque pays et les formes d’organisation interne des communautés musulmanes et de leur auto- ou hétéro-financement, ces mosquées témoignent à leur manière d’une intégration plus ou moins réussie ou d’une dépendance extérieure qui n’est pas sans poser des problèmes.
Mais où qu’elles soient édifiées, églises et mosquées sont des oasis accueillantes à ceux et à celles qui les visitent avec respect et y assistent au culte avec déférence, bien qu’il faille regretter qu’en pays de tradition mâlikite (Afrique du Nord) l’entrée des mosquées soit interdite aux non musulmans.

Mission du clocher et du minaret
Mais que dire des clochers et des minarets ? Le fait est qu’ils ne sont pas essentiels au « lieu de prière » des chrétiens et des musulmans. Le clocher est une tour qui pointe vers le ciel la structure de l’église elle-même, mais sa fonction relève du recours à ses cloches qui marquent le temps (comme le fait une horloge) et informe des heures de la messe ainsi que des angelus : rien qui ressemblerait à l’affirmation du credo chrétien auprès des habitants du voisinage. Venant du mot arabe manâra, qui signifie « phare », le minaret, de formes diversifiées selon qu’il est massif à la maghrébine ou élancé à l’ottomane, s’appelle, en arabe, mi’dhana, car c’est de son sommet que la voix du muezzin, cinq fois par jour, appelle à la prière les musulmans du voisinage, en leur répétant plusieurs fois la formule même de la profession de foi islamique, ce qui est tout autre chose qu’une sonnerie de cloches.
Il est certain que, dans les villes modernes, clochers et minarets sont invités à ne pas se faire entendre trop tôt le matin ou très tard le soir, mais encore faut-il bien distinguer leur finalité religieuse :
le clocher respecte la foi personnelle de ceux et de celles qui entendent ses cloches, alors que le muezzin oblige ceux et celles qui écoutent sa voix à entendre et à supporter, convaincus ou résignés, l’affirmation de sa foi islamique, ce qui est asez différent. Là encore ne convient-il pas que, de part et d’autre, on dialogue et on s’explique, d’autant plus que ne manquent pas aujourd’hui les horloges, montres et autres « marqueurs du temps » que la modernité a mis à la disposition individuelle de tous.
Il est aussi vrai que clochers et minarets ont, de surplus, été investis d’une mission de visibilité architecturale dont il faut savoir tenir compte, dans le cadre des traditions locales de l’urbanisme des cités où vivent chrétiens et musulmans, en groupes majoritaires ou minoritaires.
Ne sont-ils pas devenus des « symboles par excellence », d’identité ou de pouvoir ? Certains se sont même parfois employés à les voir rivaliser en hauteur et en importance ! S’il est donc absolument nécessaire d’assurer à tous les croyants, musulmans et chrétiens, des lieux de culte décents et beaux qui correspondent aux exigences des rites qui leur sont respectifs, car tous ont droit à la « liberté de culte », encore faut-il relativiser le rôle secondaire des clochers et des minarets et en mesurer exactement le degré d’utilité et de signification pour les uns et les autres.
Déjà, au cours de l’histoire, les simples « tours », communales ou patriciennes, sont toujours apparues comme les signes d’une certaine affirmation politique. Il en est parfois de même, plus ou moins, des clochers et des minarets, surtout si leur constructiontion relève d’une manifestation ostentatoire et exprime une « prise de possession » du paysage. Il est donc souhaitable que les responsables des commuanutés religieuses et des sociétés civiles dialoguent à ce sujet en toute vérité et amitié. Il n’en reste pas moins vrai qu’églises et mosquées sont appelées à être partout des lieux de prière et des oasis de silence : elles se doivent d’être des « lieux ouverts » de paix et de méditation au cœur de nos cités.
Dans le monde chrétien, bien des églises paroissiales voient (ou toutes devraient voir), matin et soir, un groupe de catholiques prier laudes et vêpres au nom des habitants du quartier ou de la ville, rappelant ainsi à tous qu’elles sont des lieux d’intercession à vocation médiatrice entre la cité des hommes et la « cité de Dieu ».
Maurice Borrmans

http://www.oasiscenter.eu/ar/node/7521

L’Eglise cherche une réponse aux demandes de débaptisation

L’Eglise de France cherche une réponse aux demandes de débaptisation
Officiellement, l’épiscopat ne dispose d’aucune statistique pour évaluer précisément ces demandes, qui arrivent dans tous les diocèses français, mais une étude menée en 2008 faisait état d’un millier de débaptisations par an.
Même marginal, le sujet est sensible pour l’Église de France qui cherche à répondre à ces demandes de manière pastorale.
Anticipons ce phenomene au Liban ,Comment?

utilisation inacceptable de l'image du Saint Père,

Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, avait critiqué "une utilisation inacceptable de l'image du Saint Père, manipulée et instrumentalisée dans le cadre d'une campagne publicitaire à des fins commerciales", à propos de l'image montrant un baiser à pleine bouche avec l'imam sunnite de l'université égyptienne Al-Azhar, Ahmed el Tayyeb.

Ces photomontages, réalisés pour la nouvelle campagne publicitaire de Benetton appelée "UNHATE" ("non-haine"), ont été présentés à Paris par Alessandro Benetton, vice-président de Benetton Group. Ils devaient être placardés sur les magasins du groupe dans le monde entier. Il s'agit d'images symboliques - avec une touche d'espérance ironique et de provocation constructive - pour promouvoir une réflexion sur la manière dont la politique, la foi, les idées, même si elles sont opposées et diverses, peuvent amener au dialogue et à la médiation", s'est défendu Benetton.


Celle du pape et de l'imam a été brièvement déployée sous forme de banderole par quatre jeunes gens et photographiée sur un pont, près du château Saint-Ange, à deux pas du Vatican. Une autre image choc a été déroulée devant la cathédrale de Milan montrant le président américain Barack Obama embrassant son homologue chinois Hu Jintao. Peu après la diffusion des images sur internet en Italie, des catholiques avaient réclamé la suspension de cette campagne publicitaire. "Est-il possible que Benetton ne puisse concevoir quelque chose de mieux?", a déploré Luca Borgomeo, président de l'Association des téléspectateurs catholiques italiens. Pour le Vatican, la campagne de Benetton était une "démonstration évidente de comment dans une publicité on peut violer les règles élémentaires du respect envers la personne pour attirer l'attention à travers une provocation".

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/16/97001-20111116FILWWW00640-benetton-retire-la-photo-du-pape.php

Le premier débaptisé de France

Dans la Manche, René Lebouvier est le premier débaptisé de France. Dans notre pays, chaque année, un millier de personnes demandent à être débaptisées.

A 71 ans, René Lebouvier est le premier «débaptisé» de France. Invité vendredi d'Yves Calvi sur RTL, il relate sa longue croisade tranchée par la justice le 6 octobre dernier. Ce jour-là, le Tribunal de grande instance de Coutances (Manche) lui donne raison. Depuis des années, ce libre-penseur mène une quête pour que son nom soit effacé du registre de baptême dans lequel il figurait depuis qu'il avait en 1940 reçu ce sacrement.
Le tribunal estime que la présence du nom du plaignant dans les registres de baptême est contraire aux principes garantissant la vie privée. «Je suis d'un milieu très catholique. Au départ, j'avais saisi la CNIL qui m'avait dit que c'était impossible. Le curé de Fleury, mon village me disait la même chose», confie-t-il sur RTL.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/11/18/01016-20111118ARTFIG00632-rene-lebouvier-premier-debaptise-de-france.php

Australie : le numérique pour sauver l'industrie du livre

Australie : le numérique pour sauver l'industrie du livre

Selon PricewaterhouseCoopers, en 2011, l'industrie du livre australienne a perdu 280 millions de dollars (environ 208 millions d'euros) de vente au profit de détaillants étrangers. Un rapport d'un groupe de réflexion autour de la stratégie pour l'industrie du livre, mandaté par le gouvernement, estime qu'en 2014 cette perte pourrait atteindre 500 à 800 millions de dollars (environ 372 à 596 millions d'euros).

En 2010, le secteur du livre pesait 2,3 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d'euros) dont 35 millions de dollars (environ 26 millions d'euros) soit 1,5 % provenant de la vente d'ebooks. Selon le rapport en 2014, la vente d'ebooks devrait représenter 24,6 % avec 150 à 490 millions de dollars (environ 111 à 365 millions d'euros) sur un marché total estimé à 2,8 milliards de dollars (environ 2 milliards d'euros).

Le siège de « Charlie Hebdo » ravagé par un incendie
À la veille de la publication d’un numéro rebaptisé « Charia Hebdo » représentant en Une la caricature du prophète de l’islam Mohammed, les locaux de l’hebdomadaire satirique ont été partiellement détruits par les flammes.
La piste criminelle est privilégiée par la police.
Avec cet article
Un incendie a détruit dans la nuit du mardi 1er  au mercredi 2 novembre la rédaction et les outils de production de l’hebdomadaire Charlie Hebdo , installés dans le XXe  arrondissement de Paris. L’incendie a été maîtrisé et n’a fait aucun blessé. Il a été provoqué par un jet de « cocktail molotov », selon une source policière.
L’enquête ne fait que débuter, mais le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, qui s’est rendu sur place le 2 novembre, a condamné « ce qu’il faut bien appeler un attentat ». Personne n’a été interpellé, mais « la police nous dit que deux personnes ont été vues en train de partir peu de temps avant le déclenchement de l’incendie », a précisé le dessinateur Charb, directeur de la publication.
L’hebdomadaire satirique avait décidé de faire de Mohammed, le prophète de l’islam, le « rédacteur en chef » de son numéro du mercredi 2 novembre. L’objectif était de « fêter » de façon ironique la victoire aux élections constituantes tunisiennes du parti islamiste Ennahda. Sous-titré Charia Hebdo , le journal revenait également sur la volonté du Conseil national de transition libyen de faire de la charia la principale source de sa législation. En Une, un dessin représente une caricature du prophète musulman menaçant son lecteur de « 100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire ! ».

« Pour le printemps arabe, contre l’hiver des fanatiques »

Sans vouloir « préjuger des responsabilités de cet attentat », Claude Guéant a déclaré « qu’un certain nombre de messages de menaces qui ont été reçus par Charlie Hebdo  amène à ne pas négliger » la piste des intégristes musulmans. « Sur Twitter et Facebook, a précisé Charb, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d’insultes » à la suite de l’annonce de la publication de ce numéro du journal. La direction s’apprêtait à transmettre ces missives à la police.
Par ailleurs, son site Internet a également été piraté et remplacé par une photo de la mosquée de La Mecque en plein pèlerinage, avec ce slogan : « No God but Allah » (« Pas d’autre Dieu qu’Allah »). La rédaction de l’hebdomadaire a assuré « être contre tous les intégrismes religieux, mais pas contre les musulmans pratiquants ». « Nous sommes pour le printemps arabe, contre l’hiver des fanatiques », a-t-elle ajouté.
Charlie Hebdo  avait déjà reçu des menaces en 2006 lors de la publication des caricatures de Mohammed qui avaient fait scandale dans le quotidien danois Jyllands-Posten , mais elles n’avaient « jamais abouti à rien », a souligné Charb. Le directeur de la publication de l’époque, Philippe Val, avait été relaxé en 2008 après une plainte de la Grande Mosquée de Paris et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), la justice ayant jugé que les caricatures ne constituaient pas « une injure » à l’égard des musulmans car elles visaient « clairement une fraction » de la communauté musulmane.

Incendie unanimement condamné

L’incendie a été unanimement dénoncé par des personnalités de droite et de gauche, des associations antiracistes et par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce dernier a toutefois rappelé que « caricaturer le prophète est considéré comme une offense pour les musulmans ». Le premier ministre, François Fillon, a fait part de son « indignation », tandis que le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a estimé « qu’il n’y a pas de démocratie sans irrévérence, sans parodie ou sans satire ».
« Le fondamentalisme religieux sous toutes ses formes doit être dénoncé », a réagi François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, ajoutant que « le combat pour la liberté d’expression demeure, hélas, d’une désolante actualité ».
Provisoirement hébergé dans les locaux de Libération , le journal n’est pas certain de sortir à nouveau mercredi 9 novembre. S’il paraît, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur à Charlie Hebdo , compte proposer comme manchette : « Même pas peur ». En attendant, le journal tiré à 75 000 exemplaires s’est arraché au matin du 2 novembre dans les points de vente et un nouveau tirage est en cours.
STÉPHANE DREYFUS (avec AFP)